RENFORCER LA RÉSILIENCE DU MAROC

Gestion des urgences

La pandémie Covid-19 a poussé les autorités à réarticuler le cadre des structures institutionnelles existantes et de leurs programmes d’initiative et d’intervention.

Avec cette pandémie, le Maroc se trouve confronté à une situation exceptionnelle. C’est la catastrophe la plus importante qui frappe le Royaume mais aussi pratiquement tous les pays de la planète; elle est sanitaire, sociale et économique. Une politique a été mise en oeuvre dès les premiers jours, voici trois mois. Elle porte ses fruits et elle devra évidemment être poursuivie dans les mois et même les années à venir. Des risques sont là; se polarisent aujourd’hui sur la lutte contre la propagation du Covid-19. Mais ils recouvrent également d’autres domaines. Tel celui du secteur agricole; l’on vient d’en avoir une illustration, il y a une semaine, avec le grêle dans la région de Fès-Meknès qui a frappé 31 communes et endommagé quelque 19.000 hectares de cultures. Dépêché sur place, sur instruction royale, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime a annoncé à cette occasion le dispositif opératoire en place: 6.200 hectares équipés en filets anti-grêle, 68 générateurs anti-grêle -une enveloppe financière de 310 millions de dirhams du Fonds de développement agricole (FDA).

Dans ce même registre, il faut rappeler le plan anti-sécheresse adopté en mars 2020 avec la mobilisation d’un financement additionnel de 1,5 milliard de dirhams débloqué par le Groupe Crédit Agricole du Maroc. Par touches successives, depuis plus d’une décennie a été ainsi mise en oeuvre une politique d’appréhension des risques non plus en «silos» comme par le passé mais d’une manière globale, holistique.

Une approche intégrée a été mise sur pied qui s’articule autour de trois axes majeurs: les catastrophes naturelles, la volatilité des prix des matières premières (dont l’énergie), les risques dans le secteur agricole. Ce tableau doit être complété par les risques liés aux menaces terroristes et, aujourd’hui, aux pandémies intercontinentales. La gestion des risques, dans tout ce large spectre est -et doit rester- une priorité absolue. Avec la mondialisation et l’interdépendance, les actions isolées n’ont pratiquement plus l’impact déclaré ou souhaité. De plus, il est établi et admis qu’une gestion intégrée des risques favorise la croissance économique et la stabilité sociale; elle offre également plus d’attractivité aux investissements étrangers, le pays étant considéré comme plus sécurisé et plus stable.

La pandémie Covid-19 relève de la catégorie des catastrophes, sauf qu’en l’espèce elle est sanitaire et à une grande dimension. Elle a poussé, dans des conditions d’urgence, à remobiliser et à réarticuler le cadre des structures institutionnelles existantes et de leurs programmes d’initiative et d’intervention. Ainsi, pour la gestion des catastrophes provoquées par des cas naturels, il existe des systèmes de réponse appropriés tel le Centre de veille et de coordination du ministère de l’Intérieur. A noter aussi, au département de l’Agriculture, un système d’alerte précoce pour les inondations ou encore un plan national de protection contre celles-ci avec une base de données d’identification des sites spécifiques vulnérables. Pour ce qui est de la vulnérabilité de l’économie à la volatilité prix des matières premières, il faut citer divers dispositifs d’intervention (diversification des sources, stockage, mécanismes de subvention et d’indemnisation). L’on est passé de la gestion ex post des crises à l’atténuation des risques.

Une approche par trop sectorielle a souvent prévalu par le passé par suite d’un démembrement institutionnel au sein de l’appareil d’Etat. Il a manqué une coordination interministérielle, des indicateurs et des résultats d’évaluation, des informations pertinentes et significatives. Il faut y ajouter des systèmes particuliers de gestion entre les différents types de risques. L’idée qui prévaut aujourd’hui entend prioriser l’opérationnalisation d’une stratégie de gestion intégrée des risques. Celle-ci devra, se déployer en parallèle des stratégies sectorielles nécessitant des approches spécifiques. Une inondation massive déborde le département de l’équipement vers d’autres: ceux de l’Agriculture, de l’Intérieur, de la Santé ou encore de l’Economie et des finances.

Préserver l’emploi, relancer la machine économique, reformater les politiques publiques autour de la priorité à la santé et à la solidarité pour réduire les inégalités révélées de manière éclatante par cette pandémie: voilà le cahier de charges pour les années à venir. Une gestion intégrée de risques ne pourra qu’en être l’un des leviers et des vecteurs. Une mise à plat de ce qui a été entrepris et surtout de tout ce qui reste encore à faire...


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