Rencontre de concertation des ministres Bensaïd et Lekjaâ avec les représentants de la presse marocaine

Il faut sauver le soldat de l'information

Cette réunion, la première d’une série, a été une opportunité de transmettre aux responsables gouvernementaux les maux d’un secteur devenus structurels à l’ère du digital, ayant émergé à la surface avec la crise sanitaire.

L’initiative est à mettre à l’actif du gouvernement. Mehdi Bensaïd, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, et Faouzi Lekjaâ, ministre délégué chargé du Budget, ont tenu, mercredi 5 janvier 2022 à l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC), une réunion de concertation sur la crise que subit le secteur de la presse, avec les représentants du secteur, notamment les présidents de l’Association nationale des médias et des éditeurs (ANME), Abdelmounaim Dilami, de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ), Noureddine Miftah, de la Fédération marocaine des médias (FMM), Kamal Lahlou, du Conseil national de la presse (CNP), Younès Mjahed, et du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), Abdellah Bekkali.

Placée sous le signe “la presse nationale: quelles options pour faire face aux nouveaux défis et remporter le pari de la mise à niveau?”, le but de cette rencontre était d’examiner les différents scénarios susceptibles de surmonter les problèmes structurels notamment économiques dont souffre la presse nationale.

«C’est une réunion de dialogue et de concertation, la première d’une série, destinée à examiner les moyens susceptibles de donner un nouvel élan à ce secteur qui joue un rôle essentiel dans le développement du Maroc», a déclaré d’emblée le ministre Mehdi Bensaïd. Faouzi Lekjaâ a pour sa part promis un soutien de l’Etat pour que «le secteur s’éloigne de la précarité et puisse se restructurer et se professionnaliser » tout en insistant sur la nécessité de revoir le système de subvention actuel, qu’il a assimilé à un “sérum” chaque fois que le secteur fait face à des difficultés financières, pour en faire une aide frontale susceptible de renforcer les assisses des entreprises de presse structurées. “La professionnalisation du journalisme passe par l’investissement dans le capital matériel et humain”, a-t-il ajouté.

Les responsables des différents fédérations et associations professionnelles du secteur ont souligné, respectivement, les difficultés économiques et financières structurelles qui ébranlent le secteur bien avant et pendant la pandémie, liées principalement à l’ère du numérique, telle la baisse des recettes publicitaires destinées aux différents supports médiatiques, l’érosion du taux de lecture des journaux papier ainsi que la mainmise des GAFA (Google, Amazon…) sur les insertions publicitaires sur le web.

Licenciements abusifs
Abdellah Bekkali, président du SNPM, a lié le sort des entreprises de presse à celui des journalistes professionnels. “Au SNPM, nous sommes convaincus que l’avenir et l’amélioration des conditions matérielles et de travail des journalistes marocains est lié au sort de l’entreprise de presse. Cependant, la subvention généreuse de l’Etat dont ont bénéficié les entreprises de presse en pleine pandémie n’a pas atteint ses objectifs escomptés. Car en dépit de cette aide, certaines entreprises ont continué à afficher une situation de crise et ont procédé à des licenciements abusifs”.

Même son de cloche chez Hanane Rihab, vice-président du SNPM chargée des libertés, qui n’y est pas allée de main morte pour dénoncer des entreprises de presse qui donnent des salaires dérisoires à leurs journalistes et qui, pendant la pandémie, n’ont pas hésité à licencier en masse, prétextant une crise financière. Somme toute, la rencontre a été une opportunité de transmettre aux responsables gouvernementaux les maux d’un secteur dont la transition démocratique et le développement du pays dépendent.

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