VERS UNE RENATIONALISATION DE LA SAMIR

Echec retentissant de la vente de la raffinerie de mohammedia à des investisseurs étrangers

La renationalisation de la Samir refait politiquement surface. Face à l’échec des pourparlers avec les investisseurs étrangers pour une éventuelle reprise de la célèbre raffinerie de Mohammedia, plusieurs partis politiques et centrales syndicales sont montés au créneau pour pousser l’Etat à renationaliser cet ancien fleuron pétrolier national. Les groupes parlementaires de l’USFP, du PPS et du PAM ont présenté, début janvier 2021, un projet de loi visant à la reprise de la Samir par l’Etat marocain.

Un projet politique auquel adhèrent les plus grandes centrales syndicales comme l’UMT et la CDT. L’adhésion des ces centrales syndicales émane de leur constat de l’échec du processus de vente de la raffinerie aux investisseurs étrangers. Un processus qui a commencé il y a cinq ans, mais qui, à chaque fois, trébuche sur le prix de cette reprise.

Le dernier épisode en date dans ce processus inachevé: la désignation en juin 2020 de la banque d’affaires CFG pour accompagner le syndic judiciaire et les banques créancières dans l’opération de vente. Or, six mois plus tard, la démarche de vente ne semble pas encore aboutir.

Et pour cause, des désaccords profonds surgissent souvent sur la valeur de la raffinerie, son lourd passif financier, ses problèmes judiciaires et l’état industriel désastreux dans lequel se trouvent les installations pétrolières. Du coup, aucun investisseur ne juge bon de s’aventurer dans un projet embourbé dans les difficultés et les problèmes judiciaires interminables.

L’actionnaire de référence de la raffinerie, le richissime homme d’affaires saoudo-éthiopien, Cheikh Mohamed Hussein Amoudi, fuit toujours ses responsabilités et refuse de participer à une solution au problème de la Samir. Pire, il accuse même l’Etat marocain d’avoir précipité la chute de la Samir.

L’Etat est certes en partie responsable de la situation actuelle de la seule raffinerie nationale, mais ce qui est sûr, c’est que son propriétaire saoudien et ses collaborateurs, dont l’ancien DG de la société, Jamal Ba Amer, ont été pour beaucoup dans la faillite de l’entreprise.

L’Etat marocain est appelé à se mobiliser pour sauver un ancien fleuron qui devrait normalement constituer l’épine dorsale de la stratégie pétrolière publique pour sauvegarder l’indépendance énergétique du pays.