La relance économique n’est pas pour demain

Charges de l'endettement en hausse et dépenses d'investissement en baisse

Point de relance économique sans investissement. En ces temps de crise où le budget de l’Etat devient maigre, les dépenses d’investissement baissent et celles de fonctionnement augmentent. Crise ou pas crise, l’austérité, le gouvernement n’en connait pas.

Comment peut-on imaginer une relance économique sans investissement public, locomotive de l’investissement privé? A ce jour, et depuis le début de l’année 2021, toutes les statistiques et les données macroéconomiques publiées par le ministère des Finances ne montrent pas que le Maroc a entamé sa relance économique. Selon la Trésorerie Générale du Royaume (TGR), la situation des charges et ressources du Trésor dégage un déficit budgétaire de 24,6 milliards de dirhams (MMDH) au titre des cinq premiers mois de cette année, contre un déficit de 23,3 MMDH à fin mai 2020.

Ce bulletin fait ressortir une baisse des recettes ordinaires brutes de 5,8%, à 97 MMDH, et une hausse des dépenses ordinaires émises de 1,9%, à 107,3 MMDH, soit un solde ordinaire négatif de 10,3 MMDH. Le repli des recettes s’explique par la diminution des impôts directs de 2,3% et des recettes non fiscales de 61%, conjuguée à la hausse des droits de douane de 29,3%, des impôts indirects de 15,6% et des droits d’enregistrement et de timbre de 11,8%. La baisse des recettes fiscales et non fiscales est compréhensible en ces temps de crise sanitaire qui a paralysé pendant plusieurs mois nombre de secteurs d’activités. Quant à la hausse des droits de douane et des impôts indirects, cela est expliqué par la hausse des importations de l’étranger.

Renforcer la productivité
Le plus dur à redouter, ce sont les dépenses émises au titre du budget général. Elles ont été de 156,5 MMDH à fin mai 2021, en baisse de 0,4% par rapport à leur niveau à fin mai 2020. Pourquoi? La raison est simple et est la même depuis le début de l’année, voire même depuis la fin du premier semestre 2020: les coupes dans le budget d’investissement public, qui ont atteint 14,4% durant les cinq premiers mois de 2021.

Ce qui remet en question la volonté du gouvernement de mettre sur les rails le plan de la relance économique. Car point de relance sans investissement. Un autre point à relever, c’est la hausse de 1,7% des dépenses de fonctionnement et de 8,1% des charges de la dette budgétisée. En ces temps de crise où le budget de l’Etat devient maigre, les dépenses de fonctionnement augmentent. C’est dire que le gouvernement ne veut pas faire d’efforts pour diminuer le train de vie des ministères et établissements publics.

Crise ou pas crise, l’austérité, le gouvernement ne connait pas. Aussi, les charges de la dette et des intérêts de la dette augmentent. La hausse des charges de la dette budgétisée est attribuable à l’augmentation de 10,7% des remboursements du principal (20,9 MMDH) et de 3,8% des intérêts de la dette (11,5 MMDH).

Ce qui prouve que le taux d’endettement public élevé pèse de plus en plus sur les finances publiques. Et puis, cet endettement ne sert pas encore une relance économique susceptible de créer des richesses et de renforcer la productivité et la compétitivité de l’économie nationale.