Regragui et ses cadres, les artisans de l’épopée marocaine au Qatar




Peu importe ce qui arrivera à partir des 8es de finale de la Coupe du monde Qatar 2022, la participation marocaine est déjà une réussite totale. Derrière l’exploit historique, Walid Regragui, un entraîneur qui a longtemps manqué à la sélection, mais aussi des cadres qui ont enfin répondu présents. 

Dans l’histoire du football marocain, deux dates ont toujours marqué les esprits: 1976 et l’unique titre de champion d’Afrique, remporté par Ahmed Faras et co sur les terres éthiopiennes, et puis 1986 au Mexique, lorsque le Maroc de feu Mehdi Faria devenait la première nation arabe et africaine à passer le premier tour à la Coupe du monde. Désormais, une troisième date vient s’ajouter à cette liste aussi glorieuse que restreinte: jeudi 1er décembre 2022, le Maroc bat le Canada sur le score de 2 buts à 1, et s’impose comme leader incontesté de sa poule, devant la Croatie, vice-championne du monde au Mondial russe de 2018, et la Belgique, 3ème lors de la même édition et deuxième au classement FIFA. Rien que ça! 

Les chiffres ne mentent pas 

Mais la grandeur de l’exploit ne s’arrête pas là, puisqu’une analyse plus poussée de l’historique de la plus prestigieuse compétition sportive au monde depuis sa première édition, nous révèle que les hommes du sélectionneur national, Walid Regragui, sont bel et bien rentrés dans la légende. 

Sur le plan arabe, le Maroc devient désormais la seule nation à se qualifier au deuxième tour à deux reprises mais aussi celle avec le plus de buts (18) devant la Tunisie et l’Algérie (14 chacune), et avec le plus de points (18), le plus de clean sheets (5), et le plus de victoires (4) à égalité avec l'Arabie Saoudite. 

Si ces premières historiques sont le fruit d’un travail collectif, dans lequel se conjuguent les généreux efforts des joueurs, la sollicitude de la Fédération royale marocaine de football, ou encore le très puissant appui des supporters présents par milliers dans les gradins qatariens lors de chaque match des Lions, il n’en demeure pas moins que l’entraîneur Walid Regragui s’érige comme le grand protagoniste de cet heureux feuilleton. 

La pièce manquante 

Alliant force de caractère, proximité humaine des joueurs et flexibilité tactique, le tout couronné d’un humour très particulier qui fait de lui un véritable chouchou des réseaux sociaux au Maroc, le jeune technicien est déjà assuré de rester à jamais dans les annales comme étant l’artisan de l'épopée Qatar 2022. Arrivé aux commandes de la sélection nationale fin août 2022, Walid Regragui avait moins de trois mois pour préparer son Mondial. Mais avant cela, il avait plusieurs urgences à régler: gérer l’héritage difficile de son prédécesseur, le Bosnien Vahid Halilhodzic, qui non seulement a échoué à doter la sélection d’un véritable fond de jeu et s’est contenté d’amasser les victoires devant des petites nations avant de trébucher dans les moments clés - en témoigne son désastre tac- tique contre l’Égypte (1-2) en 8es de finale de la CAN 2022-, mais a créé aussi un climat de tension avec les médias et les supporters, tout en privant l’équipe de joueurs clés, à savoir Hakim Ziyech et Noussair Mazraoui, qui vont se révéler cruciaux dans l’exploit marocain au Qatar. 

Trois mois plus tard, Walid Regragui peut crier mission réussie, puisque la sélection va livrer trois matchs de poule très aboutis sur le plan tactique, devant trois sélections aux profils totalement différents. Tout en créant une atmosphère de solidarité, de combativité. 

Les cadres répondent présents 

Les deux anciens coéquipiers à l’Ajax d’Amsterdam, Ziyech et Mazraoui, font d’ailleurs partie de ces stars marocaines évoluant en Europe qui ont enfin assumé leur statut pour se muer en véritables patrons et porter l’équipe nationale. Ainsi pour la première fois, le public marocain voyait un Hakim Ziyech, d’habitude cloisonné dans son rôle offensif et très peu généreux sur le plan défensif sur toute sa carrière, courir, se battre pour chaque ballon et aider le latéral sur son côté du terrain, qui n’est autre que le joueur du Paris Saint-Germain, Achraf Hakimi. Celui-ci a également été au rendez-vous, a prouvé que l’équipe marocaine n’est pas seulement un rassemblement de vedettes. 

Autre héros de la sélection au Qatar, Sofyan Amrabat a sans doute fait taire définitivement ses détracteurs, qui n’ont cessé de remettre en cause sa capacité à porter le milieu marocain. Ironiquement, le joueur de la Fiorentina a probablement été le meilleur joueur marocain durant les trois matchs de la phase de groupe, réussissant au passage l’exploit de museler deux des meilleurs milieux créateurs de notre génération, le Croate Luka Modric et le Belge Kevin De Bruyne.

La liste des Lions qui ont brillé dans ce mondial est encore plus longue, avec un défense de fer menée par le capitaine Roman Saïss ainsi que Nayef Aguerd, mais aussi l’attaquant Youssef En-nesyri, très décrié par le public avant la Coupe du monde, mais qui a été présent sur tous les coups, aussi bien en marquant qu’en contribuant à contenir les offensives adverses grâce à ses efforts dans le pressing.

 

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