BP swipe-970x250

Réforme du système de l’enseignement : On prend les mêmes et on recommence !


En vérité, c’est tout le système qui sclérose notre enseignement. Que peut faire M. El Malki de plus que MM. Azziman ou Belfkih? Mais à quoi doit-on vraiment s’attendre?

 

Habib El Malki a été nommé par le Roi Mohammed VI à la tête du Conseil supérieur de l’Éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS), mardi 15 novembre 2022. Avec sa nouvelle équipe, il est censé insuffler un nouveau souffle à cette instance prévue par la Constitution. Faisons des pronostics! M. Malki y restera pendant cinq ans, dix ans… Et après?

Il passera le flambeau à quelqu’un d’autre. C’est tout. Ce n’est ni du négativisme ni du nihilisme. C’est plutôt du réalisme. Les faits sont têtus et l’Histoire est un éternel recommencement. On a l’impression que M. Azziman était là depuis une éternité. Pourtant, le résultat est que notre système d’éducation est encore plus défaillant depuis sa nomination.

Une bonne partie de nos enfants au primaire ne savent pas lire et écrire, d’après l’actuel ministre de l’Éducation, Chakib Benmoussa. Dix mois après sa nomination, le 16 juillet 2014, comme président du Conseil supérieur pour l’éducation, la formation et la recherche scientifique (CSEFRS), M. Azziman avait présenté le 20 mai 2015, un rapport intitulé “Stratégie pour la réforme de l’école marocaine 2015- 2030”. A l’époque, l’on se demandait si cette énième copie serait la bonne. Et surtout la dernière! Depuis, on ne se leurre plus. Le CSEFRS n’est pas la première instance qui a été chargée de la réforme de l’Éducation. Les plus médiatisées sont celles pilotées par feu Abdelaziz Meziane Belfkih.


Il y avait eu la Commission spéciale éducation-formation (COSEF), qui a publié en 1999 la Charte nationale d’éducation et de formation. Entre 2006 et 2014, après la disparition de M. Meziane Belfkih, le Conseil supérieur de l’Enseignement a été gelé. En vérité, c’est tout le système qui sclérose notre enseignement.

Que peut faire M. Malki de plus que MM. Azziman ou Belfkih? Mais à quoi doit-on vraiment s’attendre? Le hic, c’est qu’à chaque fois, c’est l’argent du contribuable qui est en jeu, celui qui fait fonctionner ces conseils et commissions chargés d’une réforme qui peine toujours à aboutir. Ne l’avez-vous pas remarqué? Les nominations à de hautes fonctions n’émeuvent plus personne, ou presque, au Maroc. Surtout quand il s’agit de la réforme de l’enseignement dans notre pays. Pourquoi ce désintérêt? Parce que ce sont toujours les mêmes qui reviennent ou font le jeu de chaises musicales. On commence à croire que certains ont “privatisé” leurs places au sein de la haute fonction publique. Pas tous, va-t-on rétorquer! Il y a de nouveaux visages. C’est vrai. Mais même es quelques nouveaux arrivants ne sont pas loin des bons réseaux familiaux.

On ne dénigre personne. On ne conteste les qualités et les compétences de personne. L’accès à l’élite administrative dépend plus de critères politiques que de méritocratie. Mais, au-delà des compétences, c’est toute la machine qu’il faudra revisiter. C’est là tout l’enjeu. Car MM. Azziman et Belfkih avaient, aussi, dans le tour de table, des têtes bien pensantes.

Cela n’a rien changé au piètre et calamiteux résultat obtenu valeur aujourd’hui. N’en déplaise aux spécialistes de la parole lénifiante, la plupart des personnalités fraîchement désignées ont tous déjà été nommées à plusieurs reprises par le passé. Mais pour quoi faire si on peut d’ores et déjà prévoir l’avenir? M. Malki, lui-même, dont personne ne renie le grand parcours politique et militant, n’avait-il pas présidé aux destinées de l’enseignement? Qu’a-til fait? Pardon, qu’a-t-il pu faire?

Peu importe la formule tant que la résultante est connue d’avance! Il est notoire que les partis politiques proposent une liste aux postes. Proches, fidèles, bons compagnons… sont les premiers suggérés. Leurs noms ressortent à chaque fois.

Les personnes ne changent pas. Elles changent plutôt de postes. Quel message envoie-t-on aux jeunes? Que l’ascenseur social est toujours en panne. On s’en doutait! La jeunesse peut aspirer, ambitionner et rêver. Mais pas plus. Les postes sont déjà occupés. Et ceux qui les occupent vont encore faire durer la précarité de notre système d’éducation-formation 

Articles similaires