Réforme sociale : l'urgence du ciblage

Nul doute que cette crise du Covid-19 va donner l’impulsion nécessaire pour accélérer la mise en oeuvre du Registre social unique afin de soutenir une réponse plus rapide et plus efficace aux populations éligibles.

Cibler les populations modestes et défavorisées pour un ciblage des aides sociales: voilà l’urgence de la situation actuelle. C’est un chantier qui a été abordé, voici une vingtaine d’années, avec le cabinet d’alternance, investi en 1998. Le souci était de régler le dossier de la Caisse de compensation dont bénéficiaient de manière indéterminée toutes les couches de la population; il visait aussi à aider celles qui avaient le plus besoin d’une aide.

Le gouvernement El Othmani a repris ce dossier et il s’est engagé à réaliser cette réforme dans son programme approuvé par le Parlement à la fin avril 2017. L’idée qui a été retenue a pris la dénomination de Registre social unique (RSU). Il s’agit, rappelons-le, de passer la Caisse de compensation des produits de première nécessité à une aide directe aux familles nécessiteuses. Cette réforme s’articule autour de deux outils, un registre national de la population (RNP) avec un numéro d’identification unique (NIU) et un registre social unifié (RSU). Ce chantier est mené par le département de l’intérieur. Il était prévu, voici près de cinq mois, que le gouvernement allait entamer la phase de généralisation à partir de 2020, l’opérationnalisation totale devant être réalisée en 2024. Pour l’année en cours, une phase de test devait se déployer dans la région de Rabat-Salé-Kenitra. La crise sanitaire actuelle est venue chambouler totalement ce programme…

C’est là une situation tout à fait exceptionnelle qui a conduit l’État à parer au plus urgent et à mettre en place des solutions tout aussi exceptionnelles pour identifier les personnes qui ont le plus besoin d’aide. Pour Ahmed Lahlimi, Haut-commissaire au Plan, la crise permet une meilleure connaissance des ménagers. Une série d’indications collectées sur le terrain vont permettre de mobiliser des aides directes aux familles, lesquelles seront mieux connues. Les bénéficiaires seront ainsi identifiés individuellement alors que le HCP ne disposait que de statistiques et que le niveau de pauvreté n’était établi que sur la base d’un scoring. «Nous allons sortir de cette crise, a précisé M. Lahlimi, avec une base de données de cette population».

Secteur informel
Une avancée donc pour l’État et le ministère de l’Intérieur sur le chantier de l’indentification des personnes dans le besoin. Et d’ajouter que tous ces éléments, «quels que soient les critères utilisés et les canaux de distribution seront bons» pour faire face la présente situation. Nul doute que cette crise va donner l’impulsion nécessaire pour accélérer la mise en oeuvre du RSU afin de soutenir une réponse plus rapide et plus efficace aux populations éligibles. En attendant, le gouvernement a décidé, pour débloquer les aides aux familles impactées par la crise, de s’appuyer sur le fichier national du Ramed. Mais ce fichier ne couvre que la moitié environ des travailleurs du secteur informel. Pour l’autre moitié, le gouvernement recourt à des applications numériques pour cibler les bénéficiaires. La contrainte impose donc l’accélération et la finalisation du chantier de ciblage des populations. La réforme par le choc!...


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