Réforme du secteur de la santé : Que peut faire le gouvernement ?

Alors que le système de santé est décrié de toutes parts pour ses failles structurelles et humaines, le gouvernement tente tant bien que mal de réformer un secteur sinistré. Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a annoncé, lundi 13 juin 2022, devant la Chambre des représentants, sa vision pour moderniser la santé publique au Maroc.

La vraie réforme structurelle du système de santé ne peut se limiter aux détails relatifs aux moyens financiers et humains, mais nécessite de résoudre les profonds dysfonctionnements au niveau de la gouvernance institutionnelle et de gestion du secteur. C’est en ces mots forts que Aziz Akhannouch a annoncé la nouvelle politique du gouvernement en matière de santé publique, lundi 13 juin 2022 à la Chambre des représentants.

Pour le patron de l’Exécutif, il est vrai que ce secteur souffre de tous les maux, mais le gouvernement veille à ce que le programme de réforme structurelle de la santé soit fondé sur la mise en place d’une bonne gouvernance du secteur à l’échelle centrale et régionale. Il s’agit de faciliter et coordonner la prise de décision et garantir la convergence et l’harmonie entre les différents intervenants et l’ensemble des programmes existants en vue d’assurer leur complémentarité. A cet égard, le gouvernement prépare des projets de lois relatifs à la mise en place de groupements de santé régionaux, qui vont réunir, au niveau de chaque région, l’ensemble des structures de santé, dont les hôpitaux provinciaux, régionaux et universitaires et les centres de proximité.

Mobilisation collective
Le système de santé doit s’articuler autour des attentes et besoins du patient, plutôt que d’être déployé en fonction du découpage administratif, d’où la création de groupements de santé régionaux, allant des centres de proximité aux centres hospitaliers universitaires, afin d’orienter le patient selon ses besoins, construire un itinéraire régional de la santé et rationaliser les ressources humaines et techniques. Ces groupements de santé régionaux sont des établissements publics jouissant de la personnalité morale et de l’autonomie de gestion des ressources financières et humaines, et vont disposer de larges prérogatives pour la gestion des services de santé dans le cadre d’un contrat de performance avec le département de tutelle.

Et pour assurer une offre de santé juste et équitable pour tous les Marocains, le gouvernement s’attelle à la mise en place du schéma régional de l’offre de soins, visant à identifier l’ensemble des capacités des régions en termes d’infrastructures publiques et privées et de ressources humaines, ce qui aidera les groupements de santé régionaux à déterminer les priorités de l’investissement dans le domaine de la santé et de la protection sociale au niveau de chaque région, en vue d’améliorer l’offre de soins régionale et de réduire les disparités territoriales.

Par ailleurs, «le gouvernement entend oeuvrer à l’élaboration du cadre organisationnel et scientifique pour la spécialité de “médecin de famille”», a noté M. Akhannouch, relevant que ce cadre implique de désigner un médecin chargé d’un certains nombre de familles, avec pour mission d’assurer le suivi des patients et leur orientation, le cas échéant, vers les structures de santé capables de leur fournir un traitement qui n’est pas disponible dans les centres de proximité, ou vers les établissements hospitaliers multidisciplinaires.

Et d’ajouter que la politique générale de l’Etat visant la mise à niveau du système de la santé fait de la mobilisation collective et de la gestion participative des atouts essentiels, et se fixe comme objectifs ultimes la garantie de la dignité et de l’équité dans l’accès aux soins de santé et l’éradication de toute forme de marginalisation.