Réforme de l'enseignement: quelle ecole pour demain ?

Les conditions de la réussite de la nouvelle politique qui est mise en oeuvre passent par la mobilisation de tous autour de la réforme du système d’enseignement.

L’effort budgétaire en faveur de l’éducation est immense avec 50,3 milliards de DH en 2019, en hausse de 8 MMDH sur l’année précédente. Les effectifs scolarisés dépassent les 8,3 millions d’élèves; les enseignants sont plus de 300.000. Des indicateurs au vert mais c’est l’ensemble du système qui reste peu efficient, question de retour sur investissement.

Ce qui est nouveau pour cette rentrée scolaire, c’est le fait que ce sera la première année d’application de la loi-cadre sur l’éducation adoptée par le Parlement en juillet 2019. Du retard! Elle s’inscrit dans le cadre de la vision 2015-2030 définie par le Conseil supérieur. Quatre ans de perdus donc! La faute au groupe parlementaire du PJD, qui a fait de la «résistance» jusqu’au bout pour bloquer la formule de l’alternance linguistique accordant une place aux langues étrangères. Maintenant, il faut accélérer le rythme des réformes dans ce secteur.

Le Souverain a donné de fermes orientations en la matière avec la généralisation de l’enseignement préscolaire (4/5 ans) à l’horizon 2027/2028 au plus tard. Il faudra tenir cet objectif qui requiert la scolarisation annuelle de quelque 700.000 enfants. Deux années de scolarisation supplémentaires, c’est un gain permettant de réduire tant le taux d’abandon que de redoublement. Il est également prévu durant la prochaine décennie la construction de 57.000 salles de classe, la mobilisation de 56.000 éducateurs ainsi que la formation et l’habilitation de 27.000 éducateurs actifs. C’est là une des priorités du programme gouvernemental pour 2019-2021. L’accès à l’éducation avec l’enseignement préscolaire doit donner davantage d’équité et d’égalité des chances; il doit faciliter l’épanouissement psychologique et intellectuel des enfants; il va également aider à leur assurer de l’autonomie, promouvoir leur construction sociale et développer leur capacité à apprendre.

C’est tout le système qui, à marche forcée, doit être corrigé et réarticulé. Ainsi l’enseignement dans le cycle fondamental va être réformé pour développer les projets d’établissements et la vie parascolaire. Les innovations vont porter sur une nouvelle ingénierie linguistique, l’enseignement des sciences, des technologies et des mathématiques. Les classes seront moins encombrées avec le recrutement de milliers de nouveaux enseignants. Leur formation sera plus longue et s’étalera désormais sur sept mois, couplés avec quatre autres mois de stage dans les établissements scolaires.

Dans le domaine de la formation professionnelle, la nouvelle feuille de route validée par le Souverain, le 4 avril 2019 vise à permettre à ce secteur de répondre aux besoins et aux exigences du marché de l’emploi. La formation professionnelle a été ainsi réhabilitée et priorisée pour s’inscrire pleinement dans la mise en oeuvre de la réforme globale de l’enseignement et la promotion de l’insertion professionnelle des lauréats. La mise à plat des filières actuelles de la formation s’impose à l’évidence; elle doit se faire pour aider à l’employabilité des effectifs. L’acquisition des langues et l’approche par compétences vont compléter la réforme en profondeur du système actuel. Il faut y ajouter l’implication des professionnels et cela à travers l’alternance (formation/stage) et l’apprentissage.

Telle est l’ambition de l’école de demain! Elle doit être une grande entreprise collective, par-delà les clivages partisans ou autres. La jeunesse marocaine a légitimement le droit d’espérer une place de premier plan dans l’édification d’une société où le développement et le progrès social seraient inclusifs. Ce potentiel- là doit être valorisé. C’est l’enjeu et le défi de la décennie à venir. Et, dans cette perspective, les conditions de réalisation des objectifs fixés et de la réussite de la nouvelle politique qui est mise en oeuvre passent par la mobilisation de tous autour de la réforme du système d’enseignement et de la formation professionnelle.


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