Réduction de 24% du taux d'activité des femmes au Maroc depuis 2000

Étude sur les inégalités de genre dans le marché du travail

La Direction des études et des prévisions financières (DEPF) et ONU-Femmes ont publié une étude sur les “Coûts économiques des inégalités de genre dans le marché du travail au Maroc”. Elle rappelle les facteurs derrière ces inégalités.

La participation de la femme au marché du travail au Maroc est faible. Plusieurs études l’ont démontré. La Direction des études et des prévisions financières (DEPF), relevant du ministère de l’Economie et des finances, et ONU-Femmes ont essayé de cerner les causes et les facteurs qui ont amplifié ce phénomène. Dans une étude intitulée «Coûts économiques des inégalités de genre dans le marché du travail au Maroc », la DEPF rappelle qu’au Maroc, le taux d’activité des femmes s’établit à 21,5% en 2019, contre 71% pour les hommes et le taux d’emploi à 18,6%, contre 65,5% pour les hommes.

«Le Maroc accuse non seulement un retard par rapport aux niveaux mondiaux de participation des femmes à la population active, mais il enregistre également une tendance inverse, avec une réduction de 24% des taux d’activité depuis 2000», indique l’étude. Cette tendance n’est que partiellement attribuable à la conjoncture économique ou à d’autres facteurs structurels, au regard du fait que sur la même période, les taux d’emploi et d’activité des hommes n’ont reculé que de 4% et 10% respectivement.

Contraintes familiales
Pour la DEPF, la structure de l’économie pourrait être l’un des obstacles qui entravent la participation des femmes au marché du travail au Maroc. «Plusieurs obstacles jugés principaux et d’autres complémentaires peuvent être à l’origine de la faible participation des femmes au marché du travail, en l’occurrence les normes liées au genre, le cadre juridique, la structure de l’économie et du marché du travail et le capital humain», souligne l’étude.

Les contraintes familiales, notamment le nombre d’enfants à charge, constituent également un obstacle important orientant la décision des femmes d’intégrer le marché du travail. Ces mêmes contraintes sont largement à l’origine du recours des femmes au marché du travail en quête de sources de revenus additionnels, fait ressortir cette étude. Pour ce qui est de l’effet de l’éducation sur l’accès des femmes à l’activité, les analyses effectuées font état d’effets contrastés en fonction des secteurs d’activité.

Ainsi, les niveaux d’éducation du primaire au secondaire collégial exercent un effet positif sur la probabilité de l’emploi des femmes dans l’industrie. Cependant, l’accès au niveau d’étude supérieur impacte négativement la probabilité de l’emploi des femmes dans ce secteur. Par contre, l’accès aux études qualifiantes et supérieures impacte positivement la probabilité de l’emploi des femmes dans le secteur des services.

A cet égard, il y a lieu de noter que les femmes diplômées sont très concentrées dans le fonctionnariat. En effet, 55% des femmes diplômées du supérieur qui sont en activité sont embauchées dans le secteur public, contre 28% dans les services et près de 54% des femmes fonctionnaires disposent de diplôme d’études supérieures et 30% d’entre elles d’un diplôme du niveau secondaire.