Reconnaissance US de la Marocanité du Sahara: que va faire Biden?

Près d’un mois après son investiture, le 20 janvier 2021, en tant que président des États-Unis, Joe Biden continue encore d’éluder la question de la reconnaissance par son pays de la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Et il en est de même pour son administration, dont les membres ont, à chaque fois qu’ils ont été interrogés, botté en touche, à commencer par le nouveau secrétaire d’État américain, Tony Blinken. Rabat reste ainsi, pour l’heure, seulement pendue à des signaux, sans vraiment obtenir encore de garanties de la part de M. Biden.

Ce dernier vient, certes, au cours de la “bonne conversation” qu’il a eue ce 17 février 2021 avec le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, de réitérer le soutien de l’oncle Sam aux accords d’Abraham, par le biais desquels le Royaume avait, aux côtés des Emirats arabes unis, de Bahreïn et du Soudan, normalisé, le 22 décembre 2020, ses relations avec Israël. M. Biden a, ainsi, “souligné”, selon un communiqué de la Maison-Blanche “le soutien des États-Unis” à ces accords.

Lobby pro-séparatiste
M. Blinken avait ceci dit indiqué le 19 janvier 2021 au Sénat, au moment d’être confirmé à son poste par la chambre haute du parlement américain, qu’“il y a certains engagements qui ont été faits dans le but d’inciter [les pays arabes] à normaliser leurs relations avec Israël que nous devrions, à mon avis, examiner attentivement.”

Et le Sahara marocain pourrait être lui aussi concerné, surtout que le sénateur de l’État de l’Oklahoma, Jim Inhofe, qui fait partie des principaux porte-voix du lobby pro-séparatiste à Washington, avait révélé au moment de l’audition de M. Blinken avoir échangé avec ce dernier sur le sujet et qu’il y avait entre les deux hommes une “compréhension partagée”.

M. Inhofe vient d’ailleurs de se distinguer, ce 17 février 2021, par une lettre cosignée avec 26 autres sénateurs demandant à M. Biden de revenir sur la décision relative aux provinces sahariennes. Les revendications du Maroc sur son Sahara y sont, ainsi, qualifiées d’“illégitimes”. Ce qui, au final, nous dit au moins deux choses.

La première, c’est que la bataille continue de faire rage outre-Atlantique, et que Rabat ne doit pas croire la partie totalement finie mais plutôt rester alerte pour contrer les voix opposées au parachèvement de son intégrité territoriale et qui sont donc loin de constituer une minorité négligeable -plus d’un quart des membres du Sénat, tout de même!

Et la deuxième, qui rejoint d’ailleurs la première, c’est qu’ils sont nombreux encore à être convaincus que la présidence américaine peut encore revenir en arrière. Et ce n’est pas le silence total que continue d’entretenir M. Biden qui va les démentir.