Le rebond de la diplomatie marocaine

La diplomatie est en veille, jour après jour, mais avec une approche de dialogue, de négociation, de stabilité de respect de l’indépendance et de la souveraineté de chaque pays.

Pandémie ou pas, la diplomatie ne s’arrête pas! C’est vrai ailleurs et encore plus sans doute dans le Royaume. Les dernières semaines en attestent. Cela traduit des principes en action. Une méthodologie. Et des initiatives.

Lundi 31 août 2020, S.M. le Roi a eu un entretien téléphonique avec le président chinois Xi Jinping. Le Souverain l’a remercié pour l’aide et l’assistance apportées dans la lutte contre la propagation de la pandémie de la Covid-19. Les deux chefs d’Etat ont souligné à cette occasion la nature et la dimension des relations entre les deux pays illustrée par un partenariat stratégique scellé lors de la visite royale à Pékin en mai 2016. Avec Moscou, aussi, des contacts se poursuivent dans le sens de la réaffirmation de l’engagement commun à promouvoir davantage et à consolider les rapports entre les deux pays.

Le mardi 1er septembre, c’est du côté des Etats-Unis que l’on note de nouveau la poursuite de l’ouverture stratégique du Maroc vers les grandes puissances. Une visioconférence a ainsi réuni le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, et le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et ce à l’occasion de la signature d’un accord bilatéral relatif à la consolidation des privilèges et de l’immunité diplomatique. Le responsable US a souligné la solidité du partenariat stratégique, remercié le Maroc à propos de la lutte contre le coronavirus en Afrique, rendu hommage aux réformes audacieuses entreprises et encouragé le Maroc pour ses efforts dans la recherche d’une solution en Libye ainsi que dans la lutte contre le terrorisme et la prévention de l’extrémisme violent.

A cet égard, le Royaume a un rôle impartial, crédible et objectif qui donne à sa diplomatie un relief et une visibilité particulière. L’on vient d’en avoir une illustration avec la nomination de l’ancien ministre marocain, Mohamed Aujjar, à la présidence de la mission d’enquête de l’ONU en Libye.

Lors de la réunion urgente du Conseil de la Ligue arabe, au Caire, le 23 juin dernier, la position marocaine a été réitérée: écoute et dialogue avec les différentes parties pour le rapprochement des points de vue, rejet de toute intervention étrangère et de toute ingérence non arabe. Cette organisation a apporté son soutien aux accords de Skhirat de décembre 2015. Dans cette même ligne, les parties en conflit en Libye ont contacté le Maroc. Le 26 juillet dernier, c’était la visite pratiquement concomitante à Rabat du président de la Chambre des représentants libyennes (dite Parlement de Tobrouk), Aguila Salek, et du président du Haut Conseil d’Etat Libyen, Khaled Al -Mechri.

Trois jours plus tard, c’était au tour du ministre saoudien des Affaires étrangères, l’Emir Fayçal Ben Farhan, d’effectuer une visite au Maroc, où il a été reçu par Nasser Bourita. Autant de faits qui témoignent que par-delà les gesticulations et les postures -notamment celles du nouveau président algérien Abdelmajid Tebboune– c’es toujours au Maroc que se trouve finalement le cadre le plus pertinent pour oeuvrer à la recherche d’une solution acceptable pour les autorités de Tripoli et pour celles de Benghazi, respectivement Fayez Al-Sarraj, président du Conseil présidentiel du gouvernement d’union nationale (GNA), et le maréchal Khalifa Haftar, commandant de l’Armée nationale libyenne.

Autre terrain où la diplomatie marocaine est présente et active: le Mali. Après le coup d’Etat du 18 août des militaires, Rabat a exprimé son inquiétude et ses «préoccupations » et a appelé à la stabilité, à un dialogue responsable et à une «transition civile pacifique». D’ailleurs, le président du Comité national pour le salut du peuple, le colonel Assimi Goita, a rendu hommage, quelques jours plus tard au Maroc pour sa position responsable et positive dans la recherche d’une sortie de crise permettant le retour à une normalisation de la situation politique intérieure.

La scène africaine enregistre d’autres épreuves en Guinée et en Côte d’Ivoire, avec, pour ces deux pays, des élections présidentielles dans les prochaines semaines. Dans la sphère régionale, ce qui se passe en Libye revêt un caractère important pour la stabilité de ce pays avec tous les enjeux politiques et sécuritaires qui y sont liés et les débordements à craindre sur les pays voisins et dans le Sahel.

Le Maroc est conscient de toutes ces contraintes; sa diplomatie est en veille, jour après jour, mais avec une approche de dialogue, de négociation, de stabilité de respect de l’indépendance et de la souveraineté de chaque pays ainsi que de son unité nationale et de son intégrité territoriale. Une voix qui compte. Une voix qui porte, servie par le leadership du Souverain, que les grandes puissances saluent et respectent.


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