Raviver l'esprit de résistance

Comment sortir de la crise

La présente crise doit faire naître l’exigence de valeurs et de pratiques profondément transformées, de modes de production, d’échanges, de gestion et de gouvernance nouveaux.

Avec cette pandémie Covid-19, l’invocation d’une «guerre» à gagner a été mise en avant tant par le Secrétaire général de l’ONU que par le président français Emmanuel Macron. Certains ont jugé cette qualification excessive et non pertinente. Un débat. Pour autant, il faut bien convenir que ce n’est qu’un terme approprié parce que c’est l’économie – monde qui est mise à bas; que pour l’heure, son impact est au triple domaine sanitaire, social et économique; que tous les pays pratiquement en sont frappés; et que personne, pour l’heure, n’a trouvé ni la thérapeutique la plus efficace pour ce virus pas plus que pour l’après-crise. Une guerre, elle se gagne ou elle se perd, l’histoire est là pour en attester depuis un ou deux millénaires au besoin. Dans certains cas, un compromis se fait même s’il est bancal. Mais en l’espèce, l’ennemi est invisible. Que faire?

Les voies de l'avenir
Résister donc à la pandémie pour sortir de l’oppression physique et morale ressentie depuis des semaines; simultanément, trouver les voies nouvelles d’un avenir respectueux du vivant. Cet ennemi n’est pas violent, barbare, visible ni déclaré. Quels peuvent être les ressorts les plus profonds de cette résistance? La survie individuelle en même temps que les dangers pesant le destin collectif. D’où le grand élan de solidarité nationale qui enjambe les clivages, les différences et les contentieux.

C’est que S.M. le Roi a porté la parole et qu’il incarne pleinement sa mission. C’est aussi parce que le Souverain –comme son père, Hassan II et son grand-père Mohammed V– sait qu’il y a toujours un potentiel de mobilisation qui est là, en stock disponible, pourrait–on dire, pour faire ou refaire la marche victorieuse. La présente crise –comme les guerres d’ailleurs– ne doit pas se dénouer par l’identique; elle doit faire naître l’exigence de valeurs et de pratiques profondément transformées, de modes de production, d’échanges, de gestion et de gouvernance nouveaux. Un changement de paradigme est nécessaire en ce qu’il doit porter sur une nouvelle représentation du Maroc dans le monde; il doit à l’avenir surdéterminer notre mode de pensée.

Dans cette vaste problématique à laquelle il faudra bien s’atteler, toute la place doit être accordée à un angle élargi, celui de la transition écologique et solidaire, finalement la seule sortie conséquente et valable de la crise. Tout est pratiquement à revoir: le modèle productif, l’accès à de nouvelles technologies et à de nouveaux comportements, quels transferts sociaux, pour résumer un vaste écosystème porteur de développement équitable et durable. Il faut revitaliser l’esprit de résistance qui a mis fin au protectorat, qui a libéré le Sahara marocain et qui porte haut aujourd’hui un Maroc des chantiers et des réformes dans une vision moderniste, démocratique et solidaire.


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