Lancement du partenariat vert: Un rapprochement Maroc-UE après la crise

Selon la déclaration conjointe, le lancement du partenariat vert intervient suite à la réflexion menée sur l’avenir des relations Maroc-Union européenne. Une déclaration qui intervient après la fameuse résolution du Parlement européen.

Peut-on déduire d’ores et déjà un dénouement de la crise entre le Maroc et l’Union européenne à la suite de la résolution du parlement européen en date du 10 juin 2021 accusant le Maroc d’utiliser les migrants mineurs marocains non-accompagnés comme «un moyen de pression politique sur un État membre de l’Union»? En tout cas, tout tend à le croire après la déclaration conjointe émanant de Rabat et de Bruxelles, lundi 28 juin 2021, pour le lancement de l’initiative du «partenariat vert», première rencontre diplomatique officielle depuis la fameuse résolution du Parlement européen. Selon la déclaration conjointe, l’UE reconnait le leadership du Roi Mohammed VI en matière de lutte contre le changement climatique ainsi que ses efforts en faveur d’un développement durable et inclusif du Royaume et du continent africain.

Le partenariat vise le bien-être des générations présentes et futures et cherchera à mettre en place conjointement des réponses appropriées, en cohérence avec l’Agenda 2030 des Nations Unies, l’Accord de Paris sur le changement climatique et les Objectifs de développement durable, lit-on dans la déclaration. Il découle de la déclaration politique conjointe instituant le «Partenariat euro-marocain de prospérité partagée», adoptée en juin 2019, priorisant la coopération en matière d’énergie, de lutte contre le réchauffement climatique, de protection de l’environnement et de promotion de l’économie verte. Le partenariat pourra s’appuyer sur le Nouveau Modèle de Développement et les efforts du Maroc en matière d’énergie, de changement climatique, d’environnement et d’économie verte, ainsi que son engagement en faveur d’une coopération triangulaire et Sud-Sud dans ces domaines.

Coopération triangulaire
Les actions ciblées sont les politiques et les investissements dans la transition énergétique vers un modèle propre, une gestion durable de l’eau et des déchets, la lutte contre la pollution de l’air, ainsi que la protection de la biodiversité, la transformation vers une économie à basses émissions en carbone et l’accroissement des capacités d’adaptation et de la résilience au climat.

Le lancement de ce partenariat a eu lieu à l’occasion d’un événement en présence de Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger; de Mohamed Benchaâboun, ministre de l’Économie, des Finances et de la réforme de l’administration; et de Aziz Rabbah, ministre de l’Énergie, des mines et de l’environnement pour représenter le Maroc. L’Union européenne était représentée par Frans Timmermans, vice-président exécutif de la Commission européenne; Olivér Varhélyi, commissaire européen à l’élargissement et à la politique européenne de voisinage; et Virginijus Sinkevicius, commissaire européen à l’Environnement, aux océans et à la pêche.

La présence de ces officiels, autant du côté marocain qu’européen, ne trompe surtout pas sur la volonté de l’Union européenne (comme d’ailleurs de l’Espagne) de tourner la page de la crise maroco-espagnole enclenchée à la suite de l’implication de Madrid dans l’affaire de l’entrée sur le territoire espagnol et de l’hospitalisation de Brahim Ghali, chef des séparatistes du Polisario, le 17 avril 2021.