Rapprochement Irano-Saoudien : Un camouflet pour l’administration démocrate ?


Le ministre d'État saoudien Musaed bin Mohammed Al-Aiban,
et le contre-amiral iranien Ali Shamkhani. Pékin, le 10 mars 2023.


Tous les événements portent à croire que l’Arabie Saoudite a pris le “lead” dans la politique de réadmission de la Syrie dans la ligue arabe, décidée le 7 mai. Une initiative qui n’a pas plu à Washington. Le 8 mai, les Etats-Unis condamnent la décision. «Nous ne pensons pas que la Syrie mérite d’être réadmise dans la Ligue arabe à ce stade», a déclaré à la presse Vedant Patel, le porte-parole adjoint du département d’État. «Nous continuons à penser que nous ne normaliserons pas nos relations avec le régime d’Assad et nous ne soutenons pas nos alliés et partenaires qui le font», a-t-il ajouté.

Cette démarcation a débuté il y a quelques mois déjà avec l’apaisement entre Téhéran et Ryad. Négocié en Chine, l’accord annoncé le 10 mars 2023 entre l’Arabie saoudite et l’Iran devrait mettre fin à une rupture de plus de sept ans des relations diplomatiques entre les deux puissances rivales du Moyen-Orient. Ce rapprochement qui crée certainement un climat d’optimisme, contient toujours plusieurs variables encore difficiles à appréhender.

Téhéran s’est dit prêt à aller encore plus loin dans la réconciliation, en se rapprochant de Bahreïn, allié indéfectible de Ryad. Comme l’Arabie saoudite, à majorité sunnite, Bahreïn a suspendu officiellement ses relations avec l’Iran, à majorité chiite, en 2016, après l’attaque en Iran de missions diplomatiques saoudiennes par des manifestants à la suite de l’exécution par Ryad d’un célèbre religieux chiite.

«Nous devrions faire confiance à la voie diplomatique et prendre des mesures dans cette direction», a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanani, se félicitant d’une «atmosphère positive». Plus prudent, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhane, a souligné lundi qu’il restait de nombreux points sensibles à régler.

«L’accord sur le rétablissement des relations diplomatiques ne signifie pas que nous avons trouvé une solution à tous les différends qui nous opposent», a-t-il déclaré au journal saoudien Asharq Al-Awsat. «Il s’agit plutôt d’un témoignage de notre volonté commune de les résoudre par la communication, le dialogue et par des voies pacifiques et diplomatiques»

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