Rapprochement Algéro-Iranien: Les idiots utiles des Mollahs

Alger est en train d’offrir à l’Iran une porte d’entrée inespérée au Maghreb arabe et une voie pour mener son projet prosélyte radical de soi-disant “révolution islamique”.

Le ministre des Affaires étrangères israélien, Yaïr Lapid, n’avait donc pas tort “quant au rôle de l’État algérien dans la région, qui s’est rapproché de l’Iran”, comme il s’en était inquiété au cours de la visite qu’il avait effectuée le 12 août 2021 au Maroc.

Lors des entretiens qu’il a eus le 11 novembre 2021 avec son homologue algérien, Ramtane Lamamra, le ministre des Affaires étrangères iranien, Hossein Amir Abdollahian, s’est même félicité des “relations politiques étroites” entre la voisine de l’Est et son pays. Il faut dire qu’Alger et Téhéran partagent des vues identiques eu égard aux questions d’intérêt régional: opposition, bien sûr, à Israël, qui, pour rappel, fait depuis fin juillet 2021 l’objet d’une campagne de l’Algérie contre son admission comme membre observateur de l’Union africaine (UA) -ce que n’a bien évidemment pas manqué de saluer M. Abdollahian au cours de son échange avec M. Lamamra-; soutien au régime syrien du président Bachar el-Assad, dont la simple critique des nombreux crimes contre l’humanité est vite taxée d’“ingérence”; et bien évidemment, et même si l’Iran refuse toujours d’assumer en dépit des preuves présentées fin avril 2018 par le Maroc, pro-séparatisme au Sahara marocain.

Crimes contre l’humanité
Dans son alignement, l’Algérie va jusqu’à appuyer les velléités nucléaires iraniennes, au prétexte d’être favorable à la “relance” de l’accord de Vienne du 14 juillet 2015 -dixit M. Lamamra. En tout cas, les observateurs doivent sans doute suivre de près ces développements, qui pourraient, à terme, déboucher sur une déstabilisation iranienne du Maghreb arabe comme cela est déjà le cas au Moyen-Orient: Iraq, Liban, Syrie, Yémen, en plus de Bahreïn qu’on sait l’Iran tenter depuis plus de cinquante ans d’annexer. Et dans ce sens, le Sahara marocain pourrait ne constituer qu’un début.

Aveuglé par sa haine du Maroc, Alger est, de fait, en train de jouer à l’idiot utile d’un régime dont la doctrine officielle depuis sa mise en place en février 1979 et d’exporter la soi-disant “révolution islamique” et, en l’espèce, faire le prosélytisme d’un chiisme jaâfarite radical dans le reste du monde musulman. Ce qui est donc aussi pour menacer la sécurité spirituelle de l’Afrique du Nord et de l’Ouest, traditionnellement sunnites malékites, et donc de l’Algérie elle-même.

En outre, le régime algérien s’achemine vers sa mise au ban de la communauté internationale. Il fait d’ailleurs depuis quelque temps déjà face à l’agacement de ses partenaires en raison de ses accointances avec nombre de mouvements jihadistes du Sahel et de leurs leaders, tels le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, en plus de perturber depuis le 3 octobre 2021 l’opération Barkhane en interdisant aux avions militaires français de survoler le territoire algérien pour se rendre dans les zones de combat.