Énième rapport de Human Rights Watch ciblant le Maroc

L'OBSESSION

Aller jusqu’à peindre un tableau sombre du Maroc où on dirait que nous respirons à peine sous le poids de la répression, c’est une exagération indigne.

On sait qu’au Maroc, comme partout dans le monde, rien n’est parfait. La perfection n’existe pas d’ailleurs. Et si perfection il y avait, personne ne se lèverait le matin pour se battre pour ses principes et tenter de changer pour le mieux, un tant soit peu, son petit monde. Mais que des personnes, qui vendent leur plume et leur conscience à une association qui traîne toute une série d’affronts moraux, viennent nous parler de notre Maroc qu’on connait si bien et où on a choisi, volontiers, de grandir et de rester malgré les contraintes du quotidien, c’est que la face du monde a changé.

L’ONG américaine Human Rights Watch vient de sortir un rapport sur le Maroc intitulé “un manuel des techniques de répression au Maroc”, ou comment, depuis une dizaine d’années, le gouvernement marocain aurait réprimé les opposants et les journalistes critiques. Téléphone mis sous surveillance, caméra cachée dans les logements, agression dans la rue, peine de prison... Autant de techniques de répression marocaines dépeintes par le nouveau rapport de 140 pages de Human Rights Watch.

140 pages? Oui. Comment une ONG, censée établir des rapports sur le monde entier, a eu le temps d’enquêter et de vérifier la véracité des informations qu’elle publie? Peut-elle nous dire quelles ressources humaines et financières il lui a fallu pour faire ce travail gigantesque? C’est peine perdue que de chercher à savoir car le gros des 140 pages renferment des témoignages et des interprétations. Les seuls faits vérifiés, en partie, ce sont les procès de certains aventuriers journalistes et militants qui se comptent sur le bout des doigts. Aller jusqu’à peindre un tableau sombre du Maroc où on dirait que nous respirons à peine sous le poids de la répression, c’est une exagération indigne. Un énième rapport ciblant le Royaume, cela s’appelle une obsession.

La facilité pour certains, c’est de se chercher une place au soleil en acceptant de collaborer avec une association immorale. Vous savez, ils courent après l’argent, certes, mais ils atteignent leur «orgasme intellectuel délétère» à voir leur nom cité dans des rapports qui font le tour du monde et qui sont repris, sur un ton aigri et rancunier, par des Etats malades de leur grandeur démesurée, qui n’arrivent pas à se voir en face et se dire que l’ère coloniale est bel et bien révolue.

Le rapport «manuel» de HRW dépeint un Maroc trop laid pour être vrai. Il a été, au passage, vigoureusement dénoncé par nombre d’ONG dont l’Association nationale des médias et des éditeurs. Un peu de discernement et de modération aurait pu attribuer un peu de crédibilité à cet acabit de rapports. Mais ils versent dans l’excès. Non seulement pour éclabousser à outrance l’image du Royaume, mais aussi pour faire oublier un passé qui les hante encore au présent.

Par devoir de mémoire, Robert Bernstein, le fondateur de HRW, décédé en 2019, avait publié dans une tribune sur le New York Times qui restera gravée à jamais dans les annales de l’histoire, dans laquelle il fustigeait les dirigeants de Human Rights Watch pour avoir dévoyé la mission première qu’il avait imaginé pour l’organisation qu’il a dirigée pendant 20 ans. Il l’a qualifié d’association de «morally bankrupt» (moralement faillie).

Qui d’autre que lui peut mieux la connaître? Un Reda Benchemsi, par exemple? Ce nervi des temps modernes aux mille et un complexes qui a troqué son pays contre un exil chimérique. En mai 2014, HRW fait l’objet, tenez-vous bien, d’une lettre ouverte de deux lauréats du prix Nobel de la Paix et d’une centaine d’universitaires, militants des droits humains et journalistes de renommée mondiale, tels que l’ancien Secrétaire général Adjoint des Nations-Unies, Hans Von Sponeck, Norman Solomon, journaliste et activiste américain anti-guerre, Oliver Stone, réalisateur co-auteur de «L’Histoire interdite des Etats-Unis» ou encore Keane Bhatt, écrivain et activiste. Cette crème de la crème du gotha du militantisme engagé ont décrit HRW comme une organisation qui répond aux orientations de l’administration américaine et qui reçoit des aides financières qui compromettent son indépendance morale.