Le RAP pour un changement positif

"Haut et fort", de Nabil Ayouch, dans les salles

Sorti en salles le 3 octobre 2021, Haut et Fort, dernier film de Nabil Ayouch, est un message d’espoir pour la jeunesse marocaine. Un appel à faire de la culture, le rap en l’occurrence, un vecteur de changement positif et concret.

Le jeunesse rebelle, le poids des traditions, entre autres, le tout mis en scène dans le cadre casablancais dans tous ses détails et ses particularités. Avec son nouveau film Haut et Fort, Nabil Ayouch explore encore une fois ces éléments qui imprègnent fortement sa filmographie, tout en optant pour une nouvelle porte d’entrée: le rap!

“J’étais envahi de nostalgie en faisant ce film. J’ai grandi à Sarcelles, en banlieue parisienne, et on découvrait le hip-hop en provenance des Etats-Unis au début des années 80. J’étais témoin du changement apporté par cet art à nos vies dans les quartiers démunis. Ça a changé notre destin”, nous révèle Nabil Ayouch.

Le courage d’affronter le monde
102 minutes durant, Haut et Fort raconte l’histoire d’Anas, un rappeur qui fait son retour à Casablanca, pour enseigner le rap et la culture hip-hop à des jeunes dans un centre culturel en plein de coeur de Sidi Moumen. Le même quartier défavorisé dont sont originaires les jeunes auteurs des attentats de 2003, racontés dans Les Chevaux de Dieu (2012), un des longs métrages les plus plébiscités de Nabil Ayouch. Ce dernier retourne donc sur un terrain qu’il connaît comme la paume de sa main, mais cette fois-ci avec un ton beaucoup plus joyeux. Et surtout un message d’espoir.

Ainsi, Haut et fort plonge le téléspectateur dans le quotidien d’une jeunesse casablancaise démunie, mais porteuse de rêves et d’ambitions. Des adolescents en quête d’émancipation, mais confrontés à plusieurs barrières et contradictions liées à la religion et aux traditions. Un mélange de sensations que ces jeunes, en manque de technique et d’orientation, tentent d’exprimer tant bien que mal. Mais l’arrivée d’Anas dans leur centre culturel changera tout. Dans son rôle de mentor, il leur permettra de s’améliorer en tant que rappeurs en herbe, mais leur donnera surtout le courage d’affronter le monde autour d’eux.

Une atmosphère de comédie musicale
Une fille, qui plus est voilée, peut-elle faire du rap? Un jeune croyant peut-il franchir les lignes rouges dans sa pratique de la culture hip-hop? Des questions parmi tant d’autres que Nabil Ayouch tente d’évoquer à travers ses personnages, tout en enveloppant les péripéties du film dans une atmosphère de comédie musicale.

Et avec un casting non professionnel, rassemblant des vrais jeunes férus de rap, Nabil Ayouch a su donner encore plus de reliefs et de réalisme à son film, floutant ainsi les limites entre le documentaire et le fictif.

La scène finale du film, où l’on voit les élèves d’Anas enfin libérés, dans un ultime spectacle improvisé, en plein air et sur le toit de leur centre culturel, offre au téléspectateur une fin heureuse. Une sorte de dénouement alternatif, à l’opposé de la fin tragique des Chevaux de dieu, où les kamikazes, issus du même quartier que les élèves d’Anas, déclenchent leurs ceintures explosives.

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