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Un Ramadan confiné ou non?, le gouvernement hésite

MESURES RESTRICTIVES

Les Marocains appellent à un allégement des mesures restrictives durant le mois de Ramadan. Pour le moment, le gouvernement refuse de trancher. Jusqu’à quand?

Un confinement nocturne plus strict sera-t-il déployé durant le mois de Ramadan? C’est la question que se posent les Marocains ces derniers jours. A quelques jours du mois sacré, le gouvernement refuse de trancher. Va-t-il, comme à son accoutumée, publier un communiqué le soir, la veille du Ramadan? En tout cas, c’est le cafouillage total chez les citoyens, comme chez la sphère économique. Les propriétaires de cafés et restaurants, qui seront les plus touchés si les mesures restrictives se durcissent, sont dans l’expectative et ne savent plus à quel saint se vouer.

«Nous allons devoir fermer durant ce mois. Nous ne disposons, à ce jour, d’aucune visibilité. Les autorités ne nous ont rien dit. Je ne pense pas que les mesures restrictives seront allégées, notamment en ce qui concerne le couvre-feu à partir de 21h et la fermeture des cafés et restaurants à 20h. On comprend que les mesures restrictives soient maintenues, mais ça ne sert à rien d’ouvrir nos établissements si c’est juste pour quelques minutes», nous avait déclaré Mohamed Elfane, président de la Fédération marocaine de la franchise et vice-président de la Confédération marocaine des métiers de bouche.

Éventuelle troisième vague?
Même constat auprès des hôteliers. Lahcen Zelmat, président de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH), nous avait même assuré que les autorités devraient procéder à un couvre-feu à partir de 19h, au lieu de 21h actuellement. Difficile toutefois de vérifier cette information. Mais, en voyant les dernières décisions et déclarations du Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, on serait tenté de croire qu’il prépare le terrain à un durcissement des mesures restrictives.

Dans un tweet publié récemment, il met en garde les Marocains quant à une éventuelle troisième vague. Il fait état d’une hausse des cas de contamination et des cas graves, à cause notamment de la propagation du variant britannique du Covid-19. La suspension de la campagne nationale de vaccination n’est, aussi, pas pour rassurer.

Toutefois, la sortie médiatique de Azzedine Ibrahimi, membre du Comité scientifique et technique, va à l’encontre des inquiétudes du Chef du gouvernement. Selon Ibrahimi, malgré une légère hausse des cas de contamination, la situation est sous contrôle. Les personnes à risque, âgées de plus de 60 ans, ont tous été vaccinées. De même, près de 30% de la population marocaine sont aujourd’hui immunisés contre la Covid-19, dont 12% vaccinés.

L’arrivée, début avril, des premières doses du vaccin Sputnik V, permettra au Maroc de poursuivre sa campagne de vaccination. D’autres livraisons auront lieu ce mois-ci, notamment celles d’AstraZeneca et de Sinopharm, ce qui permettra au Maroc de sortir de cette spirale infernale de mesures restrictives, d’ici 4 mois à peu près.

En attendant, les Marocains ne cachent pas leur frustration d’être à nouveau interdits de pratiquer les Tarawih après la rupture du jeûne. Les propriétaires de cafés et restaurants, de leur côté, comptent durcir le ton les prochains jours.