LA RAM VEUT SE SORTIR DU PÉTRIN

Un nouveau programme pour alléger les tensions sur la trésorerie de la compagnie aérienne nationale

Les voyageurs qui réserveront ou ont déjà réservé avant le 30 juin pourront quand ils le voudront et autant de fois qu’ils le voudront, changer la date et la destination de leur voyage.

La Royal air Maroc (RAM) s’adapte au Covid-19. De toute façon elle n’en a pas le choix, elle qui perd 50 millions de dirhams par jour en moyenne et nécessitera certainement, dans le proche avenir, un plan de sauvetage de la part de l’Etat. Pour encourager les voyageurs à recourir à ses services, la compagnie aérienne nationale vient ainsi de lancer un plan qui permettra, à ceux qui acquerront des billets avant le 30 juin ou l’ont déjà fait, de pouvoir changer, quand ils le voudront et autant de fois qu’ils le voudront, aussi bien de date que de destination de voyage, et ce sans même avoir à payer de pénalités comme c’est de coutume.

Les fondamentaux maintenus
Deux limites seulement: le changement potentiel concerne seulement la fenêtre qui court jusqu’au 31 octobre et peut uniquement aller au-delà pour conserver la même durée de séjour; et par ailleurs il doit être effectué dans la même classe tarifaire. Quant aux voyageurs qui, pour une raison X, voudront se faire rembourser, ils pourront se faire remettre un avoir dont la durée de validité est de 18 mois et qui, après cela, peut prendre la forme d’une indemnité en numéraire. Clairement pour la RAM, l’objectif recherché semble, avant tout, de réduire la tension sur sa trésorerie, en attendant donc que l’Etat passe à la caisse, car autrement c’est la faillite assurée.

La compagnie se trouve, pour ainsi dire, dans le flou, surtout que la date de réouverture des frontières aériennes, totalement fermées depuis le 15 mars, n’a pas encore été annoncée, et que même, quand ce sera le cas, l’afflux touristique n’est pas pour autant garanti, étant donné les craintes sanitaires suscitées chez les particuliers par le fait de se retrouver victime de la pandémie du Covid-19.

Et c’est, pour l’heure, les salariés de la RAM qui trinquent, dans la mesure où, dès le 12 mars et alors que seules les liaisons avec l’Italie étaient suspendues, ils s’étaient vu présenter deux options, à savoir soit de prendre, pour une période d’un à six mois, un congé sans solde renouvelable, soit de continuer à travailler mais seulement à temps partiel et ce pour trois mois. “Grâce à ce plan, nous avons maintenu les fondamentaux de la compagnie, reporté des dépenses non-essentielles, renégocié des contrats et des délais de paiement. Cela nous a permis de respecter nos engagements sur mars, avril et mai,” se félicitait, mi-mai, le président-directeur général de la RAM, Hamid Addou. La suite, toutefois, ne semble pas s’annoncer aussi rose.


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