Le Raja se sépare de l'entraîneur belge après des semaines de résistance de son président Anis Mahfoud

Wilmots, un échec chèrement payé ?

Anis Mahfoud a enfin décidé de limoger Marc Wilmots, arrivé puis parti, après trois mois seulement, sous une vague de critiques. Mais à quel coût? Le public se pose la question, alors qu’une direction technique bien établie s’impose de plus en plus.

Tard dans la soirée du dimanche 20 février 2022. Après une longue réunion de son comité directeur, le Raja de Casablanca annonce la nouvelle tant attendue par les supporters: l’entraîneur Marc Wilmots, nommé en novembre dernier, a été remercié. Dans le monde du ballon rond, trois mois à la tête d’un club n’est rien. Mais pour le public rajaoui, c’était une éternité.

Car depuis les premières rumeurs sur son arrivée aux commandes des Verts, le technicien belge a été au coeur de fortes critiques, tant pour son palmarès et son parcours mitigé et instable depuis sa reconversion en entraîneur, que pour les conditions de sa nomination.

En effet, alors que son prédécesseur, le Tunisien Lasaad Chebbi affichait un parcours globalement satisfaisant, avec deux trophées majeurs et une manne financières importante pour le club à la clé, Anis Mahfoud est venu annoncer, le soir même de son élection, fin octobre 2021, à la présidence du Raja, vouloir ramener un «entraîneur d’envergure mondiale” au club, provoquant l’inquiétude des fans notamment les Ultras. Le nouveau patron du club était clairement décidé à imposer sa touche technique le plus tôt possible. Trois mois plus tard, cet entêtement pourrait coûter cher au Raja.

Car si la direction du club a hésité pendant plusieurs jours à limoger Wilmots malgré la grogne au sein du public et les contre-performances notamment en championnat, c’est avant tout à cause du prix qu’il faut payer. La clause libératoire du technicien belge s’élèverait à quelques millions de dirhams.

Sept millions selon plusieurs sources, mais seulement “200.000 euros en plus d’autres charges d’un montant de 60.000 euros”, comme l’a annoncé le responsable rajaoui Issam Ibrahimi, après le victoire de son équipe face à la Jeunesse de Soulem, le 23 février.

Éternelle revendication
De quoi rappeler la question de la crise financière du club que le club traversait pendant plusieurs années, causée en partie par les dédommagements payés suite aux litiges l’ayant opposé à certains de ses anciens joueurs et entraîneurs. Par ailleurs, le très court feuilleton Wilmots a poussé les supporters et certains groupes de fans à ressortir l’éternelle revendication de la mise en place d’un véritable comité technique au sein du Raja pour chapeauter les choix d’entraîneurs et de joueurs dans l’avenir, de manière professionnelle, transparente et surtout indépendante vis-à-vis des autres structures du club.

Outre le désormais ex-entraîneur du Raja, même certains joueurs récemment recrutés par le club ont été les cibles de critiques des Ultras, qui se sont même interrogés sur l’apport d’Anis Mahfoud depuis son élection, et sa capacité à construire une équipe compétitive sur les plans national et continental.