Raffermissement des relations Maroco-Égyptiennes

Le nouveau tournant

Loin du tumulte qui, à un certain moment, avait marqué leurs relations au milieu des années 2010, Rabat et Le Caire sont, depuis plusieurs mois, en train de nouer un partenariat qui renforce un nouvel axe arabe dont l’Algérie, du fait de sa persistance dans sa politique de la terre brûlé, s’autoexclut.

L’Égypte n’a pas rejoint les Comores, Djibouti, les Émirats arabes unis, Bahreïn et la Jordanie en devenant le sixième pays arabe à se doter d’un consulat au Sahara marocain. Mais on n’en est plus, en vérité, à cela près, tellement la reconnaissance par Le Caire de la souveraineté du Maroc sur la région a été exprimée sans ambages par le ministre des Affaires étrangères égyptien, Sameh Choukri, au cours de la visite qu’il vient d’effectuer à partir de ce lundi 9 mai 2022 dans le Royaume pour notamment prendre part deux jours plus tard à la neuvième réunion ministérielle de la coalition internationale contre l’organisation terroriste de Daech, tenue dans la ville de Marrakech.

Soutien à l’initiative marocaine
“L’Égypte soutient l’intégrité territoriale du Maroc et salue les efforts sérieux et crédibles du Royaume visant à aller de l’avant vers le règlement politique de la question du Sahara,” a indiqué M. Choukri dans le communiqué conjoint dont lui et son homologue marocain, Nasser Bourita, se sont fendus à l’issue des entretiens que les deux responsables ont eus au siège du ministère des Affaires étrangères dans la ville de Rabat. Position qui, rappelons-le, avait également été tenue dans une interview publiée le 24 janvier 2022 dans le journal électronique Hespress de l’ambassadeur d’Egypte, Yasser Mostafa Kamal Othman, qui avait en plus rappelé que son pays “ne reconnaiss[ait] pas la [soi-disant] République sahraouie et (...) n’av[ait] aucune relation avec le [mouvement séparatiste] Polisario”.

A la même occasion, le diplomate avait également souligné que “L’Égypte faisait partie des pays qui ont participé en janvier [2022] à une conférence organisée par le Maroc et les États-Unis pour soutenir la proposition d’autonomie,” en référence à la conférence ministérielle de soutien à l’initiative marocaine pour la négociation du statut d’autonomie, à laquelle 40 pays avaient pris part.

Loin semble donc le temps du tumulte qui, à un moment au milieu des années 2010, avait mené à une véritable crise entre le Maroc et l’Égypte du fait que cette dernière ne goûtait pas que le gouvernement marocain soit dirigé par le Parti de la justice et du développement (PJD), qu’elle assimile aux Frères musulmans, considéré depuis décembre 2013 par elle comme terroristes; en conséquence de quoi l’Égypte avait ouvert ses médias au Polisario et à son discours séparatiste et avait amené le Royaume à réagir en diffusant un reportage sur la chaîne Al-Aoula qualifiant la prise de pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi début juillet 2013 de coup d’État: pour aplanir les différends, M. Choukri, qui était déjà en poste, avait fini par être expressément dépêché en janvier 2015 au palais royal de Fès auprès du roi Mohammed VI, qui se trouvait alors en séjour dans la capitale spirituelle du Royaume.