Rabat dans les pas de Manama?

NORMALISATION AVEC ISRAËL

Bahreïn est devenu, le 11 septembre 2020, le deuxième pays arabe en moins de 30 jours à établir des relations avec Israël. Et d’aucuns donnent le nom du Maroc comme un des prochains sur la liste.

Après les Emirats arabes unis le 13 août, le président américain Donald Trump est donc parvenu, ce 11 septembre, à arracher la signature d’un deuxième pays arabe, en l’occurrence Bahreïn, à ses accords dits “d’Abraham”, lesquels visent à pacifier les relations d’Israël avec son voisinage. C’est M. Trump lui-même qui en a fait l’annonce, en parlant, sur Twitter, d’“une autre percée historique”. Le même jour, les États-Unis, Bahreïn et Israël publiaient un communiqué utilisant la même expression de “percée historique” et assurant que “l’ouverture d’un dialogue direct et de liens entre ces deux sociétés dynamiques et ces économies avancées”, c’est-à-dire celles de Bahreïn et d’Israël, “permettra de poursuivre la transformation positive du Moyen-Orient et d’accroître la stabilité, la sécurité et la prospérité dans la région”.

M. Trump, en particulier, était salué par le roi Hamad ben Issa Al-Khalifa de Bahreïn et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou “pour son dévouement à la paix dans la région, sa concentration sur les défis communs et l’approche pragmatique et unique qu’il a adoptée pour rapprocher leurs nations.” Seul toutefois le dernier cité a fait le déplacement quatre jours plus tard à Washington pour l’officialisation de l’établissement des relations de son pays avec Bahreïn, ce dernier étant représenté par son ministre des Affaires étrangères, Abdellatif ben Rached al-Zayani.

Positions véhémentes
Les Émirats arabes unis ont, eux aussi, seulement dépêché le chef de leur diplomatie, à savoir Abdellah ben Zayed Al-Nayhan, dans la capitale américaine, alors qu’ils adhéraient en même temps que Bahreïn aux accords d’Abraham. Si, d’un côté, ces accords ont recueilli le soutien de nombreux pays, notamment en Occident, cela n’a pas été le cas dans le monde musulman, où l’Iran et la Turquie ont, dans la lignée de leurs réactions de la mi-août contre la normalisation des Émirats arabes unis, tenu les positions les plus véhémentes à leur encontre.

L’Iran, qui pour rappel n’a jamais vraiment renoncé à ses visées irrédentistes sur Bahreïn -l’ancien président du parlement iranien, Ali Akbar Nategh-Nouri, l’avait qualifié en mars 2009 de “quatorzième province” de son pays-, a accusé par la voix de son ministère des Affaires étrangères “les dirigeants” bahreïnis d’être “désormais complices des crimes du régime sioniste”. Côté arabe, seuls l’Égypte et Oman ont officiellement appuyé les accords.

Le Maroc, pour sa part, est demeuré silencieux, semblant se refuser encore à normaliser ses relations tant qu’un État palestinien n’a pas encore été établi, avec Jérusalem-Est comme capitale. Position exprimée notamment le 9 septembre par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, lors de la dernière session du conseil exécutif de la Ligue arabe et dont l’ambassadeur de Palestine au Maroc, Jamal Choubaki, s’est félicité par la suite dans des déclarations aux médias. Cependant que M. Trump a affirmé, en marge de la signature des accords d’Abraham à Washington, qu’au moins cinq autres pays arabes, voire six s’apprêteraient à normaliser avec Israël. Le Maroc pourrait-il donc en faire partie?


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