A QUEL PRIX ?

LABORATOIRES ET MÉDECINS DU SECTEUR PRIVÉ IMPLIQUÉS DANS LA LUTTE CONTRE LE CORONAVIRUS

Beaucoup ont salué l’implication du secteur privé dans la gestion de la pandémie, mais recommandent néanmoins l’élaboration par le ministère de la santé d’une nomenclature tarifaire afin d’éviter les mauvaises surprises et empêcher ainsi certains cabinets médicaux de facturer des prix hors-de-portée.

Une chose est sûre: la pandémie du coronavirus a profondément bouleversé les équilibres économiques et sociaux du pays. Sur le plan économique, l’on peut dire que la situation est gravissime: licenciements massifs, entreprises en faillites, chômage en hausse, pouvoir d’achat en forte chute et une crise sans précédent qui étrangle les finances de l’Etat.

Il est évident que cette crise économique provoque, sans aucun doute, l’une des crises sociales les plus explosives. Sans revenus, sans emploi, avec des aides de l’Etat qui ont disparu, les Marocains vivent de plus en plus dans la précarité. Celle-ci va encore s’aggraver avec l’exacerbation de l’épidémie pendant les prochains mois. C’est ce que pronostique l’OMS, qui affirme qu’octobre et novembre prochains connaîtront des pics de contaminations dans le monde. Face à cette situation, pour le moins inédite, le secteur de la santé publique montre visiblement ses limites avec des capacités hospitalières saturées, un corps médical épuisé et des laboratoires d’analyses publics qui ne peuvent plus affronter le nombre incroyable des tests demandés.

Facture salée
Le secteur médical privé, doté de moyens conséquents et de ressources humaines certainement compétentes, a été appelé à la rescousse pour soutenir le secteur public dans sa lutte périlleuse contre la Covid- 19. Mais voilà que la réalité est toute autre. Amère, insupportable et infernale. Alors que la situation économique et sociale du pays va de pire en pis, que beaucoup de Marocains ont perdu leurs emplois, que la pauvreté se répand comme une traînée de poudre et surtout que le pouvoir d’achat des Marocains s’est effondré, les médecins du secteur privé montrent un comportement particulièrement vorace et cupide.

Plusieurs cabinets médicaux à Casablanca, spécialisés dans l’infectiologie et les maladies respiratoires, facturent leurs prestations à des prix pour le moins déraisonnables: 1.300 dirhams minimum pour une simple consultation d’un patient soupçonné de porter le Covid. Invité à réaliser le test PCR pour vérifier sa positivité au Covid-19, le patient doit débourser 700 dirhams pour ce test réalisé dans l’un des laboratoires d’analyses privés autorisés récemment par le ministère de la santé. S’ajoutent à ce prix d’autres dépenses liées à des compléments d’analyses de sang prescrits par le médecin pour voir si le patient affiche des indicateurs sanguins inquiétants. Une facture salée pour un Marocain frappé par une crise économique forte mais contraint de même de s’orienter vers le secteur privé pour se soigner.

Beaucoup ont salué l’implication du secteur privé dans la gestion de la pandémie, mais recommandent par ailleurs l’élaboration par le ministère de la santé d’une nomenclature tarifaire pour le secteur privé afin d’éviter les mauvaises surprises et empêcher ainsi certains cabinets médicaux de facturer des prix hors-de-portée. C’est la manière la plus démocratique et la plus efficace pour affronter l’épidémie et préserver la nouvelle situation économique des Marocains.


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