Que cherche au juste Abderrahim Bouaïda?

Violentes manifestations à Guelmim en soutien au candidat de l'Istiqlal

Le recomptage des voix a donné Abderrahim Bouaïda, qui s’est présenté sous les couleurs de l’Istiqlal, perdant dans les élections législatives. Il crie à la conspiration et mobilise ses partisans pour manifester dans le ville de Guelmim.

Que se passe-t-il exactement à Guelmim? Depuis quelques jours, cette province du Sud, désignée comme la «porte du Sahara», est en proie à des manifestations violentes des habitants de la ville qui sont sortis dans la rue pour soutenir leur candidat, Abderrahim Bouaïda, donné perdant dans les élections législatives. Et ce après avoir annoncé lui-même sur sa page Facebook, au soir du scrutin, avoir réussi à décrocher un siège à la Chambre des représentants sous les couleurs de l’Istiqlal avec 13.500 voix.

Mais, le lendemain, les autorités de la ville annoncent que le candidat de l’Istiqlal n’a pas réussi à se faire élire et que c’est son rival du RNI qui a remporté un siège à la Chambre des représentants, avec un autre candidat du PAM. Après deux jours de silence, le parti de l’Istiqlal a rendu public, samedi 11 septembre 2021, un communiqué où il se solidarise avec son candidat et appelle le ministère de l’intérieur à procéder à un recomptage des voix.

Gestes inamicaux
Pour Abderrahim Bouaïda et ses partisans, il s’agit d’une conspiration dirigée contre lui et certains adversaires politiques semblent chercher à l’évincer de l’élection. Jeudi 9 septembre, un sit-in organisé par M. Bouaïda et ses partisans devant la wilaya de Guelmim a été dispersé par la police. S’en sont suivies alors des manifestations violentes soldées par des jets de pierre contre les forces de police et des attaques contre les bâtiments publics de l’Etat. Un autre parti, le PPS, a apporté son soutien au candidat malheureux et a appelé le ministère de l’intérieur à faire preuve de transparence dans l’opération de recomptage des voix.

Il faut dire que Abderrahim Bouaïda, qui est cousin de Mbarka Bouaïda, membre influente du RNI, a eu un parcours politique chaotique. Après son élection en 2015, sous les couleurs du RNI, comme président de la région de Guelmim-Oued Noun, il a multiplié des gestes inamicaux envers ses adversaires politiques et a commencé à accuser tout le monde de vouloir lui mettre des bâtons dans les roues. Ses positions rigides au sein du conseil régional ont provoqué un blocage au niveau de tous les dossiers de la région, notamment ceux en rapport avec l’investissement. Cette situation de blocage avait conduit le ministère de l’Intérieur à le destituer de ses fonctions de président de la région.

Au sein du RNI, M. Bouaïda n’était pas en bons termes avec la direction du parti, qui a procédé, à son tour, à son éviction des structures partisanes. A l’approche des élections législatives, il a tenté son come-back dans l’arène politique en se présentant au scrutin sous les couleurs de l’Istiqlal. Une opération qui semble se solder par un deuxième échec politique pour lui.