LES QUATRE VÉRITÉS DE JOUAHRI

CONFÉRENCE DE BANK AL-MAGHRIB

Le wali de la banque centrale s’est montré particulièrement pessimiste eu égard à la croissance de l’économie nationale, qui devrait s’établir à un taux encore plus négatif que son institution prévoyait il y a encore quelques mois.

Pour la reprise économique, il faudra repasser. C’est, en tout cas, le constat fait ce 22 septembre 2020, par Abdellatif Jouahri, lors d’un point de presse tenu en mode visioconférence à l’issue de la 3ème réunion trimestrielle du conseil de BAM pour l’année 2020. Le wali de la banque centrale s’est, ainsi, montré pessimiste s’agissant de l’économie nationale, qu’il voit enregistrer une chute plus accrue que celle que prévoyait il y a quelques mois encore son institution.

La récession devrait, de fait, s’établir au minimum, selon ses calculs les plus récents, à 6,3% courant 2020, contre un taux que BAM fixait en juin à 5,2%. Et cela pourrait encore empirer, du fait de l’impossibilité de bâtir des scénarii économiques solides du moment que le premier confinement venu pourrait les balayer d’un revers de main. Chose arrivée notamment récemment à Casablanca, qui a vu, le 6 septembre, le gouvernement resserrer l’étau autour d’elle, après que le taux de propagation de Covid-19 eût, du jour au lendemain, bondi. Mais M. Jouahri ne s’en émeut, pour autant, pas; au contraire, il semble souscrire aux mesures prises par l’Exécutif et comprendre le dilemme qui, selon lui, lui est posé, entre la mort de l’économie et la mort tout court de nombreux citoyens.

Capacités de refinancement
Par ailleurs, le wali de BAM s’est voulu rassurant par rapport au déficit des liquidités, qui a atteint désormais les 100 milliards de dirhams (MMDH). Selon ce qu’il a avancé, les capacités de refinancement des banques sont trois fois supérieurs. Et il a assuré que BAM ferait le nécessaire “pour leur permettre d’octroyer des financements sains, de soutenir l’économie réelle”. Ce qui, normalement, devrait passer par un endettement encore plus massif du Trésor, sachant que les autorités marocaines ne se sont, au cours des derniers mois, pas vraiment privées.

À cet égard, M. Jouahri, s’il a confirmé qu’une sortie à l’international était toujours dans le pipe, comme l’avait annoncé le ministre de l’Économie, Mohamed Benchaâboun, le 4 août, il a toutefois révélé que le recours à une nouvelle ligne de précaution et de liquidité (LPL) n’était plus d’actualité. Sans doute que le Maroc ne veut, de fait, pas se retrouver pieds et poings liés vis-à-vis du Fonds monétaire international (FMI), plus qu’il ne l’est déjà actuellement après avoir déjà puisé dans la première LPL qu’il avait souscrite, en décembre 2018, auprès de l’institution de Bretton Woods.

Plus globalement, M. Jouahri a plaidé, au cours de son intervention, pour davantage de résilience du tissu économique, regrettant qu’actuellement rares soient les entreprises en mesure de résister dans des circonstances de l’acabit de la Covid-19. Ainsi, d’après lui, la majorité peinent encore à convaincre le consommateur marocain, qui continue toujours de se tourner en priorité vers les compagnies étrangères et leurs produits. Pas de quoi vraiment, en définitive, être confiant.


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