Quatre journalistes condamnés à des peines de prison avec sursis

Silence, on assassine la presse

A ce rythme, ce n’est pas de sitôt que le Maroc commencera à faire bonne place dans les classements internationaux relatifs à la liberté de la presse. Mercredi 27 mars 2019, les journalistes Mohammed Ahaddad, du quotidien Al-Massae, Abdelhak Belchgar, du quotidien Akhbar Al-Youm, et Abdelilah Sakhir et Kawtar Zaki, du journal électronique Aljarida24 ainsi que le parlementaire Abdelhak Hissane ont écopé d’une peine de six mois avec sursis en plus d’une amende de 10.000 dirhams pour avoir révélé la teneur des débats sur la Caisse marocaine des retraites (CMR) à la Chambre des conseillers. Les concernés évitent, certes, la prison ferme, mais il n’en demeure pas moins que la condamnation «est totalement injustifiée », selon Reporters sans frontières, qui a réagi dans un communiqué le jour même. . Pour sa part, un éditeur de la place considère qu’il s’agit d’«une leçon à toute la presse», dans la mesure où «pour un oui ou un non un journaliste est traîné devant les tribunaux». «Le débat sur la caisse des retraites n’a rien de secret, pour susciter une plainte», s’élève-t-il.

En point de mire, on retrouve principalement le président de la Chambre des conseillers, Hakim Benchammass. Ce dernier avait été derrière le déclenchement des poursuites le 25 janvier 2018, tout en s’en lavant, face au public, les mains. C’est devant le juge que les journalistes se verront confirmer que c’est bel et bien M. Benchammass qui a porté plainte à leur encontre.

Celui qui est également secrétaire général du Parti authenticité et modernité (PAM) depuis le 27 mai 2018 symbolise désormais le non-respect de la liberté de la presse au Maroc. MM. Ahaddad, Belchgar et Sakhir et Mme Zaki ne sont pas les seuls journalistes condamnés ces dernières années, puisqu’est écroué depuis juillet 2017 le directeur de publication du journaliste électronique Al-Badil, Hamid Elmahdaouy, pour avoir incité les habitants d’Al-Hoceima à prendre part au mouvement de protestation du Hirak ach-chaâbi, ou encore le blogueur Abdelkbir El Hor, accusé, lui, d’apologie du terrorisme.

Le moins que l’on puisse dire est qu’il ne fait pas bon, par les temps qui courent, d’être journaliste au Maroc


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