JOURNÉE INTERNATIONALE DU JAZZ

Quand Tanger fait "jazzer"

Des légendes vivantes du jazz se sont succédé sur scène, mardi 30 avril à Tanger, pour célébrer la Journée internationale du Jazz qui s’est déroulée pour la première fois en Afrique.


Tambour battant aux rythmes des gnaoua, le maâlem Abdellah El Gourd de Tanger, l’un des pionniers de la fusion avec le jazz, a ouvert mardi 30 avril 2024 à Tanger, les festivités du «Jazz Day», la Journée internationale du Jazz, avant que les grands noms du jazz ne se succèdent sur scène.

La légendaire chanteuse américaine Dee Dee Bridgewater, l’influent bassiste Marcus Miller et le harmoniciste espagnol Antonio Serrano, le chanteur et guitariste virtuose d’origine camerounaise Richard Bona, le célèbre artiste de jazz mozambicain Moreira Chonguiça, la chanteuse de blues Shemekia Copeland, la crooneuse Melody Gardot, et la liste est très longue, ont répondu présents à ce rendez-vous initié par le non moins célèbre et talentueux Herbie Hancock.

Le pianiste âgé de 84 ans n’a pas hésité à interpréter l’un de ses fameux standards, «Watermelon Man», notamment aux côtés du percussionniste marocain international Ghani Khrija, qui, lui aussi a su sublimer et affirmer les rythmes marocains et africains à chacune de ses diverses prestations lors de ce concert de plus deux heures qui souligne le pouvoir du jazz et ses origines diverses.


En effet, cette musique-monde trouve ses racines dans divers continents, transcendant les barrières pour rassembler autour des valeurs communes et de la promotion de la paix, du dialogue entre les cultures, de la diversité et du respect de la dignité humaine. Et ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’au bout de multiples thèmes standards et improvisations géniales, ce show “All-Star Global Concert” a fini en beauté par une reprise de “Imagine” de John Lennon, véritable hymne chanté en choeur par les artistes comme un énième appel à la paix et à la sagesse.

Et cette année, ce concert retransmis en ligne, sur YouTube, Facebook et les sites web des Nations unies et de l’UNESCO, et qui touche 100 millions de spectateurs dans le monde, a élu domicile au palais des arts et de la culture. Il s’agit d’un nouvel emblème architectural de Tanger, inauguré pour l’occasion et promis à occuper une place culturelle importante à l’avenir en renforçant l’action culturelle dans la ville du détroit, et ce, en mettant en place une programmation culturelle de qualité, selon le ministère de la Culture, qui soutient le Jazz Day organisé par l’UNESCO et le Herbie Hancock Institute of Jazz.

Bouillonnement culturel
Interrogé par Maroc Hebdo sur cet événement, Neila Tazi, fondatrice du Festival Gnaoua et musiques du monde, a relevé que cette manifestation à laquelle le Maroc a pris part dès la première édition à Paris en 2011 avec la participation du maâlem Hamid El Kasri, a été particulièrement émouvante cette année car elle se déroulait au Maroc et pour la première fois en Afrique, mais surtout parce que les Gnaoua étaient à l’honneur avec le maâlem Abdellah El Gourd de Tanger, qui rappelons-le, a accompagné au guembri le compositeur et pianiste américain Randy Weston, attiré dans les années 1980 par le «bouillonnement culturel de Tanger avant d’y établir son foyer, fondant le club du Rythme africain, au-dessus du cinéma Mauritania».

“Cette manifestation est importante aussi car elle valorise le rôle essentiel de la musique dans la promotion du dialogue et de l’unité”, a ajouté la présidente de la Fédération des industries culturelles et créatives (FICC) de la Confédération générale des entrerpises du Maroc (CGEM), relevant que les propos que des artistes aussi illustres que Herbie Hancock ou Jeremy Irons ont eu à l’égard des Gnaoua “nous inspirent de la fierté et confirment la pertinence de notre choix en 1998 de créer le Festival Gnaoua et musiques du monde, de militer sans relâche pour la préservation de cette culture jusqu’à la porter au patrimoine mondial de l’Unesco”.

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