L’EXPOSITION “HAJINE – HYBRIDE” DE L’ARTISTE MOHAMED AHNACH

Quand l'art retrace les origines de l'humanité

Après avoir remporté le grand prix de l’émission « Dream Artist », Mohamed Ahnach a fait sa grande entrée sur la scène artistique en exposant une cinquantaine d’installations et de photographies. L’occasion pour le public casablancais de scruter à l’oeil nu les installations qu’il avait l’habitude de concevoir lors de son passage à la télévision.


Le jeune artiste en herbe Mohamed Ahnach, lauréat du grand prix de la deuxième édition de l’émission « Dream Artist » diffusée sur la chaîne TV 2M, donne un nouveau rendez- vous artistique à son public. En effet, après avoir raflé le grand prix de l’émission TV, Mohamed Ahnach a choisi la ville de Casablanca pour exposer ses oeuvres. Organisée du 5 mars au 13 avril 2024 à l’American Arts center, l’exposition « Hajine – Hydride » réunit une cinquantaine d’oeuvres et installations toutes réalisées à base d’un médium très particulier : les ossements d’animaux.

Pour monter son projet artistique, Mohamed Ahnach a misé sur des crânes de bovins, d’ovins et de caprins…, ainsi que des photographies. A travers son exposition, l’artiste interpelle la condition humaine et pousse le commun des mortels à s’interroger sur l’existence. « La mort a toujours été au summum de mes préoccupations quotidiennes. Aujourd’hui elle est manifestement matérialisée dans mes oeuvres », explique-t-il. Pour lui, l’invisibilité de la mort confère un caractère très particulier à l’existence. Chose qu’il compose de manière implicite dans certaines de ses installations. « Au niveau du crâne, j’ai dû entourer les yeux de plusieurs petits os. C’est ainsi que je voudrais démontrer l’invisibilité de la mort », analyse-t-il.


Artiste multidisciplinaire, ce natif de Khénifra estime que l’homme vise à être ce qu’il n’est pas et à aller au-delà du monde qui lui a été donné.

Angoisse de la vie
Il sort de lui-même vers le monde pour exister dans le monde. Cette angoisse existentielle est une angoisse de la vie dans son ensemble et de la mort comme fin de la vie, car la vie dans sa totalité est confrontée à la mort, et l’existence est l’existence de la mort, qui elle-même nourri le renouveau. Pour Amine Boushaba, journaliste et commissaire de l’exposition « Hajine », l’approche artistique de Mohamed Ahnach est très particulière dans la mesure où elle renvoie à la naissance de l’art.

« Ses oeuvres évoquent le premier geste créateur de l’Homme et augurent de la naissance de l’humanité », souligne-til. A la manière d’un archéologue, l’artiste déterre les premières traces de l’art en les expulsant dans une contemporanéité que l’on vit aujourd’hui. « Rares sont les démarches qui parviennent à interroger avec autant de profondeur et de subtilité la fragilité et la pérennité de l’existence », relève-t-il.

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