QUAND ON AIME SON PAYS, ON DONNE

Aux Marocains ayant des avoirs à l’étranger

Il n’y a pas de classes sociales pour distinguer la générosité des Marocains. Et il n’y a pas d’échelles pour mesurer leur marocanité.

Je suis un journaliste, de ceux qui disent les choses telles qu’elles sont. Dire simplement ce qu’on apprend au milieu de ce fléau, de cette pandémie qui marquera à jamais notre existence sur ce bas-monde. Et pour résumer, je reprends la citation du philosophe, écrivain et journaliste français Albert Camus dans son récit La Peste: «Il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser». En décembre 2019, dans le cadre des préparatifs de la loi de finances 2020, le gouvernement a reconduit l’amnistie fiscale pour inciter les Marocains ayant des avoirs à l’étranger à les rapatrier au Maroc en bénéficiant d’avantages fiscaux. Depuis lors, où en est cette campagne? A-t-elle été freinée avec l’avènement de la pandémie Covid-19? Peu importe.

Voici une autre occasion qui se présente pour ces Marocains aisés qui, pour une raison ou une autre, ont transféré leur argent, l’ont placé dans des biens ou encore l’ont fructifié à l’étranger. La solidarité dont ont fait preuve vos compatriotes est ineffable. Quand un père de famille qui ne dispose que de 40 dirhams envoie un SMS de solidarité Covid-19 coûtant 10 DH, peut-on décrire une telle abnégation ou un tel amour pour son pays?

Quel meilleur exemple donner que celui du Roi Mohammed VI qui a fait don de son propre argent au Fonds spécial pour la gestion de la pandémie Covid-19? Par quoi mieux répliquer quand on sait que des hommes d’affaires ont mis la main à la poche pour donner des milliards de dirhams.

Il n’y a pas de classes sociales pour distinguer la générosité des Marocains. Et il n’y a pas d’échelles pour mesurer leur marocanité. Mais à ceux qui ont des avoirs à l’étranger, en dehors de l’amnistie fiscale de change, votre pays a besoin de vos devises bloquées à l’étranger. Notre économie s’ébranle. C’est indéniable. C’est un choix assumé et bien réfléchi que de privilégier d’abord la santé des Marocains au détriment de la croissance économique.

Mais les réserves en devises du pays baissent, ce qui le pousse à emprunter à l’étranger, hypothéquant l’avenir des générations actuelles et futures. Personne ne vous oblige à le faire. Personne ne vous y contraint en ces moments de crise et de peine. Mais vous êtes presque tous là, rassurés, confinés dans votre pays, là où la gestion anticipative et proactive de la crise et de la propagation de la pandémie en a fait un havre de paix comparée à d’autres cieux où votre argent est placé.

Faites preuve de générosité ou faites preuve de solidarité, peu importe l’appellation du moment que votre pays et vos compatriotes en profiteront et vous en sauront gré. L’Histoire vous le reconnaîtra et le sauvegardera à jamais. Ce fléau qui nous frappe nous sert tous de leçons, sans exception aucune. Chacun en tire des enseignements pour son présent et son futur. Comme quoi une vie n’a pas de prix et la pandémie ne distingue pas entre riches et pauvres, entre intellectuels et incultes… C’est dire que l’argent est important mais il n’est d’aucune utilité face à la mort.

A ces Marocains qui n’ont certes pas besoin d’une leçon de patriotisme, parce patriotes ils le sont par la bonne foi qui les anime, le Maroc a besoin de vous. Les grands hommes arrivent toujours à se démarquer quand l’occasion se présente. Il n’y a mieux occasion que celleci pour apporter le soutien à votre pays. Par ces temps de détresse, on trouve refuge dans sa conscience. L’aide véritable qu’on peut avoir vient de celles et ceux qui portent ces blouses blanchess, qui risquent leurs vies pour sauver la nôtre. Et je ne pense pas qu’il y ait plus précieux qu’une vie humaine.


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