Qualité de l’air dans la métropole, un véritable cauchemar

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Une circulation des  plus anarchiques, des  embouteillages qui  n’en finissent pas. Des  conducteurs qui ne respectent  pas les simples rudiments  du code de la route. Des piétons qui  traversent à tout-va. Des citoyens  condamnés à subir des fumées noires  qui les asphyxient à longueur de  journée. Des citadins qui subissent  presque toutes les nuisances. Tel est  le lot quotidien des habitants de la  plus grande métropole du Royaume:  Casablanca. Une métropole condamnée  non seulement à la pollution  mais aussi à la gangrène de l’étalement  urbain.


L’amélioration de la qualité de l’air  que respirent les Casablancais est  plus que jamais à l’ordre du jour.  Une amélioration qui ne peut que  favoriser les efforts entrepris par les  pouvoirs publics pour atténuer le  changement climatique.


Un triste record
Or jusqu’ici, rien n’a encore été fait  pour trouver des réponses satisfaisantes  ni à ce grand défi climatique  et encore moins à cette déforestation  aveugle qui n’en finit pas d’entamer,  au profit de quelques grands promoteurs  immobiliers, la seule ceinture  verte qui reste autour de Casablanca,  la forêt de Bouskoura. La ville de  Casablanca vit, donc, de plus en plus  un vrai cauchemar; la qualité de vie  de ses habitants se détériore, de jour  en jour. Le département de tutelle,  le ministère délégué auprès du  ministre de l’énergie, des mines, de  l’eau et de l’environnement n’a pas  manqué, d’ailleurs, de tirer la sonnette  d’alarme dans un document  descriptif de la région Casablanca-  Mohammedia, intitulé «Problèmes  environnementaux posés par le  développement régional».


Le document cite, entre autres,  parmi les grands maux qui empoisonnent  la vie des habitants de la  grande métropole, la dégradation de  la qualité de l’air. Il invoque, notamment,  l’effet nocif d’un parc de véhicules  pour la plupart ancien et très  polluant, d’autant plus que 80% de  ces véhicules fonctionnent au diesel,  avec un effet cancérigène prouvé par  les experts du Centre international  de recherche sur le cancer (CIRC),  une agence de l’OMS. Selon ces  experts l’exposition à la pollution  provoque le cancer du poumon.


Casablanca est plus que jamais  concernée par cette étude puisque,  selon des experts marocains de  l’environnement et du climat, «la  concentration des particules fines est  plus élevée à Casablanca qu’à Paris  ou à Washington».


En effet, la métropole détient le  triste record national, qui atteint parfois  les 100 microgrammes/m3 alors  que la norme européenne accepte  40 microgrammes/m3 au maximum. Elle dépasse ainsi de 2,5 fois les standards  internationaux. Et pour cause,  son parc automobile et ses activités  industrielles ne cessent de croître.


Poussières industrielles
A côté des émissions émanant  des véhicules, l’air respiré par les  Casablancais est aussi contaminé  par des émissions atmosphériques  importantes dégagées des usines  à l’activité souvent très polluante.  La zone de Aïn Sebaâ, avec ses  usines chimiques, offre à cet égard  l’exemple d’une zone industrielle  des plus polluantes. Elle fait partie  de ces 50% d’unités industrielles qu’abrite la métropole et qui sont  extrêmement polluantes. Le total  des émissions de poussières industrielles  s’élève à 2.483 tonnes/an au  niveau de la métropole.


Ainsi, cette pollution de l’environnement  affecte douloureusement  la région de Casablanca et pénalise  lourdement les millions d’habitants  de la métropole. Il y a là, disent des  analystes, tous les ingrédients pour  que la population casablancaise succombe  à des maux aussi graves que  les maladies respiratoires et même  cardio-vasculaires.


Certes, le ministère de tutelle n’est  pas resté les bras croisés. Il a même esquissé quelques solutions pour  sauver la ville de cette pollution et de  ses méfaits sur la santé de ses habitants.  À commencer par le développement  du transport en commun.  Sans oublier la solution consistant  à multiplier dans les divers coins de  la ville des espaces verts. Un moyen  efficace contre le CO2, mais aussi  pour améliorer l’esthétique du paysage  urbain.


Reste que des solutions comme ce  réseau de surveillance de la qualité  de l’air, qui compte sept stations à  Casablanca et Mohammedia -dont  l’objectif est de mesurer, prévoir  et informer le public, les autorités locales et les décideurs sur la qualité  de l’air- n’ont pas été suffisamment  exploitées à bon escient. À l’instar de  ces autres actions d’ordre législatif,  réglementaire, institutionnel mais  également technique, entreprises  depuis longtemps par les pouvoirs  publics, visant à lutter contre la pollution  de l’air, et qui n’ont guère abouti.  Ainsi, les dispositions de la loi en  matière de lutte contre la pollution  atmosphérique, notamment le décret  n° 2-09-631 fixant les valeurs limites  des émissions polluantes dans l’air  émanant de sources de pollution  fixes et les modalités de contrôle de  ces émissions sont restées souvent  sans suite.


Une situation d’échec
qui  durera tant que les nouveaux élus de  la métropole casablancaise n’auront  pas pris ces questions d’environnement  à bras le corps.  Une situation d’échec  Des alternatives anti-polluantes, s’inspirant  de l’exemple de ces cités dites  “intelligentes”, existent et de plus  en plus de citoyens y aspirent. Il ne  manque que la volonté des politiques  et des élus, l’ouverture d’esprit des  professionnels et le courage de tous  pour les généraliser. Une autre ville  vivable et respirable est possible.


À condition de réduire nos consommations  d’énergie fossile, notamment  par une moindre utilisation de  la voiture individuelle au profit de  moyens de transport en commun,  plus écologiques, comme le tramway.  Cette réduction de l’empreinte écologique  passe aussi par un emploi raisonné  des matériaux de construction  pour la réalisation des infrastructures  et des immeubles. Le tout dans une  transition aussi sociétale qu’écologique.


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