Chronique de Driss El Fahli : La punition divine PJDiste

Le chef du PJD bidouille l’accommodation du malheur d’une population décimée avec ses vaines ambitions politiciennes de reconstruction d’un parti qui a perdu sa crédibilité.

On ne peut pas empêcher les esprits apprêtés de penser qu’une catastrophe qui les touche n’est qu’une punition divine en réponse à leurs déviations religieuses. Les personnes qui croient ou diffusent ces idées de punition divine en lien avec un tremblement de terre expriment une interprétation religieuse fallacieuse des événements ancrés dans les textes ou les enseignements de leur religion. Pour eux, les catastrophes sont des manifestations de la colère de Dieu en réponse à des comportements pécheurs. Dans la même religion, on va trouver des personnes sensées qui considèrent ces évènements comme des phénomènes naturels indépendants de la moralité humaine. Toutes les religions ont ceci de commun quant il s’agit de la manière dont Dieu interagit avec le monde. Des récits bibliques décrivent les catastrophes de la destruction de Sodome et Gomorrhe comme étant le résultat de la colère divine. La tradition musulmane de mon père m’a enseigné la miséricorde et la compassion de Dieu. D’autres traditions mettent plus l’accent sur la justice divine. Il est important de respecter les croyances religieuses d’autrui même si on ne les partage pas. Elles sont enracinées dans l’identité de chacun. Ceci n’empêche pas le scepticisme envers les explications religieuses du séisme survenu au Maroc: le sieur Abdelilah Benkirane (encore lui) lors de la dernière réunion du secrétariat général du désormais inaudible Parti de la justice et du développement (PJD) vient de se réveiller pour apporter une diarrhée verbale comme contribution scolastique au séisme d’Al Haouz. Comme d’habitude, son discours est populiste à l’extrême, au verbalisme le plus creux à la manière de la scolastique décadente du Moyen-Age. En théocrate autoproclamé, il nous dit ceci: “Tout ce qui arrive à une personne est un avertissement de Dieu. Nous devons examiner et découvrir en tant que nation, si ce qui s’est passé n’est pas dû à nos péchés, à nos transgressions et à nos violations, non seulement en tant qu’individus, mais dans le sens général et politique. La question posée n’est pas seulement sur les violations individuelles. Elle est plutôt sur les péchés, les transgressions et les violations au sens politique, notamment celles que l’on retrouve dans la vie politique en général, dans les élections, les responsabilités, la gestion publique, etc.”


Notons que cette déclaration serait la raison de la démission d’Abdelkader Amara, ex-ministre PJD, constituant ainsi un tremblement de la scène politique marocaine.

Le chef du PJD bidouille l’accommodation du malheur d’une population décimée avec ses vaines ambitions politiciennes de reconstruction d’un parti qui a perdu sa crédibilité. La vraie punition divine est celle qui nous avait frappé entre 2011 et 2021. Les affaires d’alors avaient été confiées aux théocrates Benkirane et son antonyme Saâd Eddine El Othmani. Mais pour rester dans le même registre, Dieu est magnanime. Dans sa mansuétude, il a réveillé ses brebis désenchantées en octobre 2021 pour les éjecter du pouvoir. C’est vrai que la perte des avantages du pouvoir a ceci d’indigeste: la perte de l’influence, la diminution de la visibilité médiatique, la perte des avantages matériels, la destruction de la cohésion du parti et l’impact sur la carrière politique. La chute du PJD a amené M. Benkirane à réfléchir sur les raisons de sa défaite et à ajuster sa stratégie politique. A lire le compte rendu de la réunion du secrétariat général, nous sommes enclins à penser qu’il a choisi le charlatanisme à consonance religieuse. Conseillons-lui de prendre du recul et de profiter de la retraite dorée dont il a bénéficié à titre royalement exceptionnel.

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