Face aux prouesses de l'IA, quelle école pour demain ?

L’IA NE CHANGERA PAS FORCÉMENT CE QUE LES ÉLÈVES FERONT À L’ÉCOLE, MAIS LA FAÇON DONT ILS LE FERONT.

A part quelques exceptions, peu d’études sont consacrées aux perspectives d’adoption de l’intelligence artificielle (IA) aussi bien par nos dirigeants d’entreprises que par nos éducateurs. Or, face au déferlement des prouesses de l’IA qui permettent de répondre à toute question en appuyant sur un bouton, il y a ceux qui prédisent le pire et ceux qui prédisent le meilleur. Bien que la vérité, si vérité il y’a, soit entre les deux. C’est à nous tous qu’il incombe de choisir, en connaissance de cause, la direction que doivent prendre les choses dans l’avenir.

A court terme, il y ‘a certainement des métiers qui vont être impactés assez rapidement et qu’il va falloir former. Aussi bien les rédacteurs que les financiers en passant par les développeurs, les administrateurs réseaux, les chefs projets digitaux et les marketeurs. Parmi eux les formateurs, ou tout ce qui concerne l’ingénierie pédagogique à, notamment à l’école. Avenir plus que jamais lié non seulement aux performances actuelles de l’IA, mais aussi aux performances qu’il est possible d’anticiper dans dix ou vingt ans.

Or, si on prend ces performances actuelles et futures de l’IA, on ne peut s’empêcher de penser, comme le soulignent certains experts avisés, que la valeur ajoutée apportée à l’être humain par rapport à une machine, va un jour ou l’autre s’estomper dans beaucoup de domaines. C’est une enième révolution copernicienne, mais cette fois appliquée à la valeur ajoutée et à l’intérêt de ce que nous sommes capables de produire. Dans ce contexte prochain, il va devenir extrêmement difficile de motiver les élèves à apprendre la plus grande partie des compétences et connaissances qui les occupent actuellement dans les classes.


Le risque à courir est alors si grand qu’on pourrait assister à une chute d’engagement des élèves dans l’apprentissage en général, à l’exception de quelques niches inaccessibles à l’IA. Faut-il pour autant désespérer ? Rien n’est pas moins sûr, nous disent ces mêmes experts, puisque s’il est bien une capacité de l’être humain qu’une machine ne sera jamais en mesure de reproduire, c’est celle de réaliser quelque chose dans un certain état d’esprit -un authentique état de concentration- avec le ressenti subjectif et expérientiel associé.

Donc, pour ces experts, on peut dès maintenant très concrètement mettre un accent particulier à l’école sur l’état d’attention dans lequel les élèves réalisent ce qu’on leur demande de faire -et d’être capable d’évaluer cet état d’attente. Par ailleurs, la venue de l’IA ne changera pas forcément ce que les élèves feront à l’école, mais la façon dont ils le feront.

Donc, globalement les concepteurs des programmes scolaires pourront continuer, si cela leur chante, à faire apprendre à nos enfants toutes sortes de choses qu’une machine fera mille fois plus rapidement, l’essentiel sera de donner à nos enfants, dès leur plus jeune âge, une place centrale à la question de l’état d’attention dans lequel travaille chaque élève avec la concentration qu’il faut.

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