La prostitution des étudiantes prospère sur internet

Le phénomène en ligne profite de la discrétion et l’absence de contrôle

Un phénomène vieux, sous un aspect nouveau. Un réseau de prostitution a été démantelé. L’inédit, c’est qu’il est dirigé par une étudiante universitaire. Des signes d’une richesse soudaine ont alerté la police.

En ces temps de crise sanitaire et économique, la prostitution prospère. Le phénomène inquiète puisqu’il concerne désormais des étudiantes universitaires. Des éléments d’une enquête menée par la police, rendus publics le 23 septembre 2020, révèlent des comptes bancaires bien chargés, des virements bancaires suspects reçus au Maroc, des sites à caractère érotique... Il s’agit d’un réseau de prostitution diligenté par une étudiante universitaire, au profit de jeunes filles (étudiantes et autres).

La jeune étudiante a créé un commerce juteux autour de la prostitution, avec sites internet dédiés et applications payantes qui proposent les services de filles proposant leurs corps à des frustrés en mal d’amour. Selon l’enquête policière, le réseau démantelé est composé d’étudiantes et de professionnelles du sexe qui gagnaient bien leur vie en échange de leurs «prestations». Sur les comptes bancaires de certaines d’entre elles, la police a découvert jusqu’à 5 millions de dirhams.

Ce qui a aussi précipité le démantèlement de ce réseau, ce sont les signes extérieurs d’une richesse soudaine, notamment des véhicules de luxe. Des jeunes femmes qui ont pris la décision de plonger dans une vie mondaine en partageant, en direct ou en différé, des images et des vidéos érotiques, sur Facebook, Instagram ou une autre application, pour des clients fidèles. En dehors de ce réseau, le phénomène prend de l’ampleur. Certaines jeunes filles qui se prostituent ont des emplois ou des occupations pendant la journée qui leur rapportent peu.

La foire aux vanités
Par le passé, la prostitution était, tout le temps, justifiée par les conditions sociales et financières difficiles des filles de joie et de leurs familles. De nos jours, la foire aux vanités pousse certaines jeunes filles instruites à s’adonner au plus vieux métier au monde pour se procurer un sac ou des chaussures signés, vivant ainsi avec une double personnalité. Sur le web, le phénomène profite de la discrétion et de la facilité d’accès. L’absence de contrôle de sites érotiques et pornographiques, notamment sur les réseaux sociaux, encourage leur propagation.

En ligne, la prostitution commence petit à petit à faire de l’ombre à la prostitution dite classique qui, elle, ne connait pas de crise. Déjà, le 16 septembre 2020, le tribunal de première instance d’El Jadida a condamné deux Marocaines, poursuivies pour leur implication dans un réseau spécialisé dans l’immigration et l’exploitation sexuelle de jeunes filles au Burkina Faso, à une peine de réclusion criminelle de cinq ans chacune. La même juridiction avait déjà condamné, à la même peine, une troisième Marocaine, considérée comme accusée principale dans cette affaire.


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