Nouveau gouvernement espagnol : Les pros-marocains maintenus, l'Algérie dans l'embarras

Alors que l’Algérie tente de mettre fin à une brouille diplomatique de 19 mois avec l’Espagne, la formation du nouveau gouvernement Sanchez sonne comme une nouvelle déconvenue pour El-Mouradia.


Pedro Sanchez après
le vote d’investiture, lundi 20 novembre 2023.


Un gouvernement qui donne la part belle aux tenants d’une ligne très cordiale avec le Maroc. Investi jeudi 16 novembre 2023 pour un nouveau mandat de quatre ans grâce au soutien de 179 députés, dont ceux du parti indépendantiste catalan de Junts, Pedro Sanchez a maintenu, lundi 20 novembre 2023, à leur poste la plupart des poids lourds de l’Exécutif sortant et où on retrouve donc de nombreux pro-marocains. « Il y a eu la lettre de Sa Majesté le Roi pour féliciter M. Sanchez. Ce n’est que du positif, cela permettra d’aller de l’avant dans la mise en pratique du programme stratégique de coopération », confie à Maroc Hebdo une source diplomatique marocaine.

Parmi les cadors de l’ancienne majorité qui sont au beau fixe avec le Maroc et que l’on continue de retrouver au gouvernement, on peut citer le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, l’un des principaux architecte, selon les analystes, de l’alignement à partir de mars 2022 de l’Espagne sur l’initiative pour la négociation d’un statut d’autonomie dans la région du Sahara et le réchauffement qui s’en est suivi des relations entre les deux pays.

Coopération sécuritaire
Mais on peut aussi faire par ailleurs mention de la ministre de la Défense, Margarita Robles, aux commandes lors du séisme qui a frappé le 8 septembre 2023 le Royaume et qui avait permis une collaboration de qualité des autorités espagnoles avec leurs homologues marocaines, en participant aux opérations de secours ; le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, convaincu de la vitalité de la coopération sécuritaire bilatérale en matière de migration et de lutte contre le terrorisme et le crime organisé ; enfin, la ministre de l’Économie, Nadia Calvino, qui incarne une forme de continuité dans la consolidation du partenariat stratégique en matière économique et commerciale, amorcé à l’occasion de la 12ème réunion de haut niveau du 2 février 2023.


Secrétaire général du Centre marocain de recherche sur la globalisation (NejMaroc) et doctorant en science politiques et relations internationales à l’Université de Salamanque, Yassine El Yattioui, estime que les choix de M. Sanchez expriment une claire déconvenue pour Alger, du fait surtout de la reconduction de M. Albares « un homme influent qui estime qu’il est plus pertinent de fructifier les liens avec le Maroc qu’avec l’Algérie du fait des liens historiques entre les deux pays, le leadership du Royaume dans le continent africain mais aussi dans le monde arabe ».

Pour notre interlocuteur, l’Algérie traverse une très mauvaise passe, se renferme davantage après son échec à intégrer les BRICS et n’a pas le poids diplomatique pour rivaliser avec Rabat. Un boomerang assez violent pour la voisine de l’Est, alors que les Algériens tentaient, en nommant, le 16 novembre 2023, un nouvel ambassadeur à Madrid, de tourner la page d’une brouille diplomatique de dix-neuf mois avec l’Espagne, provoquée par le régime algérien après la décision historique du royaume ibérique de soutenir le plan d’autonomie marocain.

Le temps est-il arrivé pour les galonnés algérien de comprendre que la stratégie anti-marocaine, érigée en priorité, ne constituait pas une politique ?

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