Vers une propagation exponentielle du variant britannique ?

Hausse des variants du Covid-19 au Maroc

Situation épidémiologique, nouveaux variants du Covid-19, allègement des restrictions sanitaires… le Pr. Azeddine Ibrahimi, membre du Comité scientifique Covid-19 fait le point.

Il n’y a pas, pour le moment, péril en la demeure. C’est ce que semble expliquer en substance le Pr. Azeddine Ibrahimi, dans une post sur sa page Facebook. D’après le directeur du laboratoire de biotechnologie de la Faculté de médecine et de pharmacie de l’université Mohammed V de Rabat, la situation épidémiologique du Maroc est «quasi stable» grâce, notamment, à la vaccination d’un large éventail de personnes à risque. «Cela conduit à un climat de sécurité chez le public tant qu’il voit que le nombre de décès est en baisse et que le système de santé supporte le nombre de cas positifs au virus», précise-t-il.

Le membre du Comité scientifique Covid-19 affiche par contre son inquiétude sur l’augmentation des nouveaux cas du variant britannique au Maroc, dont 89 ont été détectés dans sept régions, selon le ministère de la Santé. «Malgré les difficultés pour déterminer le taux exact du variant britannique (sur l’ensemble des souches du covid 19 au Maroc), tous les indicateurs montrent que nous avons dépassé les 15%», indique le Pr. Brahimi, en soulignant que ce constat confirme un «début de propagation exponentielle ».

Variant nigérien
Autrement dit, nous devons apprendre à vivre avec cette nouvelle souche pour encore quelques semaines. Et, contrairement au virus originel, son degré de contagion est plus élevé. «Le plus dangereux, c’est sa rapidité de propagation, ce qui peut conduire à nouvelle pression sur le système de santé et à la poursuite de l’opération de vaccination sous pression», alerte-t-il. Le scientifique marocain va même plus loin, en révélant l’apparition de «25 mutations (et non variants) marocaines», d’après les résultats d’une étude de son laboratoire.

«La multiplication du virus conduit forcément à l’apparition de mutations locales produites spontanément en présence des conditions génétiques de leur développement », explique-t-il. Outre le variant britannique, le professeur annonce que le comité scientifique a confirmé l’existence de 28 nouveaux variants au Maroc, notamment le variant nigérien.

A quand un retour à la vie normale? La fameuse question qui taraude les esprits. Le Pr. Ibrahimi a essayé d’y répondre en formulant quelques recommandations. Il suggère un allégement de nombreuses restrictions, après la fête de l’Aid El-Fitr, si les données de la pandémie se stabilisent d’ici le 10 mai, en particulier au niveau des écoles pour permettre aux élèves de passer les examens en présentiel, ainsi que l’ouverture des cafés et restaurants «plus longtemps» et l’autorisation des «rassemblements limités à un nombre raisonnable».

Si la situation sanitaire est favorable, il propose de franchir un nouveau palier, à partir du 10 juin, pour «augmenter le nombre de personnes autorisées à se rassembler dans les lieux publics et privés, prolonger les horaires d’ouverture des cafés et restaurants, autoriser le retour des supporteurs dans les gradins et des spectateurs dans les salles de cinéma, ainsi que la reprise des célébrations de certaines évènements».

Enfin, poursuit-il, à partir du 10 juillet, le gouvernement pourra «lever les dernières restrictions, autoriser la fête de l’Aid Al Adha et accueillir les MRE». le professeur invite les Marocains à respecter les gestes barrières et des restrictions sanitaires pour faciliter ces assouplissements.