Propagation de la COVID-19: les autorités resserrent l'étau

Huit villes se trouvent, à partir de ce 27 juillet 2020, complètement bloquées et ce pour une durée indéterminée, en raison “de la hausse considérable, ces derniers jours, des cas de contamination au Covid-19”.

Ce sont des scènes dignes des “Fous du volant”, le célèbre dessin animé américain de la fin des années 1960, auxquelles on pouvait assister dans cette soirée du 26 juillet 2020 aux sorties de Tanger, Tétouan, Fès, Meknès, Casablanca, Berrechid, Settat et Marrakech. La décision, annoncée quelques heures plus tôt par voie de communiqué, des ministères de l’Intérieur et de la Santé d’interdire les déplacements depuis et vers ces villes en raison “de la hausse considérable, ces derniers jours, des cas de contamination au Covid-19 dans plusieurs préfectures et provinces” a ainsi donné le signal de départ d’une véritable course entre d’innombrables automobilistes, leurs jambes prises à leurs cous pour arriver à destination avant minuit, heure à partir de laquelle ils n’auraient plus été libres de leurs mouvements.

C’est que les départements respectifs de Abdelouafi Laftit et Khalid Aït Taleb ont pris tout le monde de court, et d’aucuns, simples visiteurs, n’ont pas voulu se retrouver bloqués loin de chez eux comme c’était arrivé pour de nombreuses personnes au mois de mars après que les autorités aient procédé de la même manière, par surprise, pour passer au confinement. Mais il y avait aussi beaucoup de gens désirant passer l’Aïd al-Adha, prévu le 31 juillet, en famille, ce qui fait que plusieurs heures durant les pelotons d’automobilistes ont grossi à vue d’oeil sur les routes et autoroutes nationales.

Faudrait-il en conclure que l’initiative de MM. Laftit et Aït Taleb, dont l’objectif premier est le “renforcement des mesures prises pour lutter contre la propagation de” la Covid-19 comme l’a souligné leur communiqué, a été tuée dans l’oeuf? Difficile à dire, mais l’impression qui ressort, ceci étant, est que les concernés sont décidés à aller désormais plus en avant. M. Aït Taleb avait d’ailleurs averti le 25 juillet, lors d’un wébinaire diffusé par la Société marocaine des sciences médicales (SMSM), qu’un retour au confinement qui avait eu cours entre le 20 mars et le 24 juin n’était plus exclu.

Le gouvernement pourrait ainsi ne pas avoir d’autre choix face au “relâchement dans le respect des mesures d’hygiène et barrières” dont se seraient rendus coupables les citoyens au cours de la troisième phase de déconfinement commencée le 20 juillet, selon ce qu’il déclarait encore le 24 juillet, cette fois à l’agence Maghreb arabe presse (MAP).

C’est d’ailleurs le même ton accusateur qu’on trouve dans le communiqué de son département et celui de l’Intérieur. Celui- ci avait, justement, également haussé le ton, le 25 juillet, dans un communiqué, affirmant que “les autorités publiques (...) n’hésiteront pas à appliquer les sanctions prévues par la loi à l’encontre de toute personne ayant enfreint l’obligation du port du masque de protection”. On peut donc s’attendre encore à tout dans les jours qui viennent.


3 commentaires

  • ben mhammed

    28 Juillet 2020

    Dorénavant Le plus beau pays du monde devrait s appeler l'absurdistan L absurde est une notion primordiale de la politique à la marocaine .L'absurde est l'ingrédient principal dans la prise de décision et la manière de gérer l Etat. . On dirait qu'on est revenu à l'âge de la pierre tellement le manque de communication est flagrant. L'un confine Tanger le soir pour que l'autre la déconfine a l'aube. Celle-ci implore les Marocains à sauver la saison touristique tandis que l'autre interdit le déplacement inter ville laissant du coup des milliers de gens sur le chemin de l'exode dans une scène digne d un film d horreur. Le fellah en chef rassure les grands éleveurs que l'Aid aura lieu avec toute la promiscuité qui va avec alors que l'homme à la blouse blanche ne cesse de brandir la carte de l'enfermement général. Avec un peu de recul , cette débâcle au niveau décisionnel reflète l'amateurisme prononcé d'une équipe dirigeante dépassée par les événements Cette équipe qui n'a aucune expérience dans la gestion de crise devait recruter en urgence des spécialistes pour établir un protocole à exécuter en cas de force majeure. Une équipe qui serait plus utile et coûterait moins cher que les cinq ministres délégués qui ont fait de l'oisiveté leur mission ultime. Ce qui est consternant c'est que nos irresponsables sont plus que jamais constants dans leurs échecs, et le Maroc sous leur responsabilité n'est rien d autre qu'un bateau a la dérive.

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