PROJET MÛRI OU MANOEUVRE PUREMENT ÉLECTORALISTE?

L’APPEL À CONTRIBUTIONS DU PAM POUR FAIRE TOMBER LE GOUVERNEMENT

Le secrétaire général du PAM a une autre stratégie. Il compte sur la grogne de certains élus des formations de la majorité. Il s’adresse à ceux qui s’assoient entre deux chaises. Une mise qui paraît d’emblée peu sûre.

Faites vos mises, les élections approchent ! Le PAM, à travers son secrétaire général, Abdellatif Ouahbi, lance un appel à une motion de censure contre le gouvernement El Othmani, à quelques mois des échéances électorales de 2021. Projet mûri, peut-être, sachant que, depuis juin 2018, le PAM brandit cette option comme une menace. Mais peut-on la considérer comme une véritable menace pour le gouvernement El Othmani? Non. Selon l’article 105 de la Constitution, la Chambre des représentants peut engager la responsabilité du gouvernement par le vote d’une motion de censure.

Une motion de censure n’est recevable que si elle est signée par au moins un cinquième des membres composant la Chambre des représentants, soit 78 députés. Avec 103 députés, le PAM est en mesure de la soumettre au vote du parlement. Mais la démission collective du gouvernement El Othmani ne peut en revanche être effective que par un vote pris à la majorité absolue des membres de la Chambre, soit 198 députés sur 395. Le PAM compte sur un allié, l’Istiqlal. Les deux réunis ne forment qu’un bloc de 148 voix, en deçà des 198 requises par la loi suprême du pays.

L’opposition effacée
Le reste des groupes parlementaires étant dans la majorité gouvernementale, le PAM a prêté attention, à un certain moment, à la tension régnant au parlement entre le RNI (41 députés) et l’UC (19 députés), qui peut lui être profitable. Mais le secrétaire général du PAM, qui est également député, a une autre stratégie. Il compte sur la grogne de certains élus des formations de la majorité. Il s’adresse aux députés de la majorité qui s’assoient entre deux chaises. Une mise qui paraît d’emblée peu sûre.

Car ce qui a encouragé le PAM à s’investir dans cette voie, c’est l’intervention de Bouthaïna Karrouri, députée PJD (cautionnée par d’autres du même parti), et épouse du dirigeant pjdiste Abdelali Hamieddine, dans le cadre des travaux de la Commission de la justice, qui a ainsi fustigé, lors du débat sur le projet de loi relative à l’instance de lutte contre la corruption, l’interventionnisme des ministres et leurs tentatives de contrôler l’action parlementaire.

Mais est-ce suffisant pour garantir qu’une députée ou quelques députés pjdistes changent leur fusil d’épaule? Une chose est sûre: Difficile de ne pas voir dans l’action du PAM une manoeuvre électoraliste à l’approche du scrutin législatif. Une manoeuvre qui cherche à redorer le blason de l’opposition qui s’était effacée depuis le début de la pandémie. Car les partis de l’opposition auraient pu se démarquer par rapport aux décisions impopulaires et irréfléchies du gouvernement et qui ont conduit à la situation épidémiologique actuelle. Ils ne l’ont pas fait lorsque l’occasion s’était présentée à eux. Et cela, l’Histoire et les urnes ne le pardonnent pas.


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