LES PROJECTIONS AUSTÈRES DU FMI

CROISSANCE

À en croire l’institution de Bretton Woods, l’économie nationale ne devrait retrouver son niveau d’avant la Covid que d’ici deux ans.

Qu’il semble y avoir loin désormais des prévisions de décroissance se limitant à -5%, comme l’énonce notamment le projet de loi des finances rectificative (PLFR) adopté le 20 juillet 2020 par le parlement. Le Fonds monétaire international (FMI), qui lui-même avait avancé le chiffre de -3,7% le 14 avril dans ses “perspectives de l’économie mondiale”, table désormais sur presque le double, à savoir -7%. Et c’est justement dans ses nouvelles “perspectives de l’économie mondiale”, celles-là comptant pour le mois d’octobre, qu’on trouve les nouvelles projections.

Le Royaume se trouve, ainsi, dans le sillage des pays arabes, dont aucun, en dehors de l’Égypte (+3,5% de croissance), ne devrait voir, selon le FMI, son produit intérieur brut (PIB) évoluer positivement. Au plan strictement maghrébin, l’Algérie et la Tunisie devraient respectivement connaître une décroissance de -5,5% et -7%, tandis que la moyenne régionale devrait se situer aux alentours de -8,1%. On trouve aussi, dans la colonne réservée au Maroc, des pronostics regardant les prix à la consommation, qui devrait connaître une hausse similaire à celle de 2019, à savoir de 0,2%, et ce un peu plus que ce que le wali de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri, annonçait au moment de procéder, le 16 juin, à la baisse de 50 points de base du taux directeur de la banque centrale, en l’occurrence une inflation de 0,1%. Ce qui présuppose que le FMI n’est pas tout-à-fait confiant quant à la relance, d’ici la fin de l’année, de la consommation.

Réserves de change
Cela va de pair, ceci dit, avec le taux de chômage qu’il évalue, pour l’année 2020, à 12,5%, résultante directe des mesures de confinement décrétées depuis le mois de mars pour stopper la propagation de la pandémie de Covid-19. Car sans travail, difficile de concevoir que les ménages repassent à la caisse. Le FMI est, néanmoins, un peu plus optimiste pour 2021 et voit la croissance s’établir à 4,9%, ce qui, en même temps, laisse entendre que, pour lui, l’économie nationale ne saurait reprendre son niveau d’avant la Covid-19 qu’en 2022, année qui, toutefois, n’a pas été prise en compte dans ses perspectives. Suffisant, ceci étant, pour réduire le taux de chômage à 10,5% et, par là même, permettre à la consommation de reprendre des couleurs, comme l’indique le chiffre de 0,8% d’augmentation des prix à la consommation dont elle fait mention pour l’année prochaine.

Aussi, cela se répercuterait, toujours d’après le FMI, par la réduction du déficit courant à -5,2%, contre -7,3 pour 2020, ce qui sous-entend que les exportations seraient relancées, avec surtout, on peut l’imaginer, la reprise dans la zone euro qui, pour rappel, constitue à près des deux tiers le principal marché pour le Maroc. Une bonne nouvelle, pour ainsi dire, pour les réserves de change, qui avaient été particulièrement mises sous tension fin mars au point de pousser le ministre de l’Économie, Mohamed Benchaâboun, et M. Jouahri à tirer sur la ligne de précaution et de liquidité (LPL) de 2,97 milliards de dollars qu’ils avaient contractée auprès du FMI en décembre 2018. Une deuxième LPL a été, un temps, également discutée, mais M. Jouahri l’avait, ceci étant, balayée d’un revers de main lors de la conférence qu’il avait donnée au siège de BAM à Rabat le 22 septembre.


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