Dossier revendicatif des professionnels de santé: Les syndicats jouent la carte de la grève nationale

Une grève nationale a paralysé les hôpitaux et même les centres de vaccination. Les syndicats passent à la vitesse supérieure dans leur bras-de-fer avec la tutelle autour du projet de loi sur la fonction publique de la santé.

Même la campagne de vaccination n’échappe plus aux tensions entre professionnels du secteur de la santé et le ministère de tutelle. Jeudi 2 décembre 2021, quatre des syndicats les plus représentatifs, à savoir la FDT, la CDT, l’UMT et l’UNMT, ont observé une grève nationale, y compris dans les centres de vaccination. Une première depuis le début de la mobilisation contre le nouveau projet de loicadre relatif à la réforme du service public de santé de Khalid Aït Taleb.

Seuls les services d’urgences et de réanimation ont été épargnés. Des dizaines de grévistes ont même défié les conditions climatiques défavorables en organisant un sit-in devant le siège du ministère à Rabat, avant d’être dispersés par les forces de l’ordre.

Rappelant les “sacrifices” des professionnels du secteurs pour “protéger la population” durant la pandémie du covid-19, les syndicats ont appelé, dans un communiqué, les citoyens à comprendre leur “action”. Et d’ajouter que “le gouvernement a tourné le dos aux revendications légitimes des professionnels qui sont attente depuis deux ans”. Côté gouvernement, les premières réactions tendent vers l’apaisement.

Lors de sa conférence de presse à l’issue du conseil de gouvernement du 2 novembre, le porte-parole de l’exécutif, Mustapha Baitas, a déclaré que la pandémie a “mis la lumière sur les sacrifices et le dévouement des travailleurs sur les premières lignes, notamment dans la santé, ce qui a permis de sauver la vie à des citoyens”, promettant que le cabinet va renforcer encore plus le dialogue avec les partenaires sociaux.

Échec du dialogue
Cette grève intervient en plein bras-de-fer entre le ministre de la Santé, Khaled Aït Taleb, et les syndicats, qui dénoncent le manque de dialogue et l’absence d’une approche participative lors de l’élaboration du projet de loi-cadre relatif à la réforme du service public. Mais aussi certaines dispositions, notamment celles relatives au système de rémunération à l’acte. La mobilisation signe également l’échec de la réunion du ministre avec les syndicats, le 22 novembre dernier.

Les professionnels réclament donc l’abandon de la version actuelle du texte, qui va “hypothéquer le destin même des plus jeunes parmi eux pour des longues années à venir”. Pour eux, le secteur mérite un cadre tenant compte de ses nombreuses spécificités, comme ils le réclament régulièrement depuis plus d’une quinzaine d’années. Khaled Aït Taleb avait assuré de son côté, lors de la réunion du 22 novembre, qu’il “n’existe aucun projet de loi sur l’emploi dans le secteur de la santé”.

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