Proche-Orient: Le Maroc corps et âme avec la Palestine

Contrairement à ce que croient ou veulent faire croire certaines parties, le Royaume n’a pas renoncé à soutenir la cause palestinienne, qu’il considère comme étant la sienne au même titre que celle du Sahara marocain.

Ils étaient des milliers de Marocains à investir, ce 16 mai 2021, les rues du Royaume pour dénoncer la politique de nettoyage ethnique menée par le gouvernement israélien contre les populations palestiniennes au Proche-Orient.

Arborant notamment keffiehs et drapeaux de la Palestine, les manifestants n’ont, cette fois, pas été inquiétés par les autorités, contrairement à il y a quelques semaines où le célèbre avocat et défenseur des droits humain Abderrahmane Benameur avait notamment été bousculé en essayant de participer, le 30 mars 2021, à un sit-in contre le rétablissement par le Maroc de ses relations avec Israël.

Mais il faut dire que l’État marocain lui-même avait, dès le 9 mai 2021, choisi son camp en qualifiant d’“acte inadmissible et susceptible d’attiser les tensions” les violations commises par Israël dans la ville d’Al-Qods et en particulier dans le quartier de Cheikh Jarrah, où sept familles installées depuis plusieurs siècles ont été invitées à céder leur place à des colons.

Position réaffirmée au cours de la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères et qui, le 14 mai 2021, s’est concrètement traduite par l’envoi, sur instructions du roi Mohammed VI, d’une aide humanitaire, surtout qu’entretemps les attaques des autorités israéliennes avaient fait tache d’huile pour également inclure la bande de Gaza, en réponse aux jets de missiles effectués par le mouvement du Hamas, qui contrôle le territoire.

Lequel Hamas a, soit dit en passant, vu le chef de son bureau politique, Ismaël Haniyeh, appeler le 12 mai 2021 le chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, qui appartient au même bord islamiste que lui, pour l’informer des développements actuels au Proche-Orient.

Faire tache d’huile
En tout cas, il s’est agi là d’un rappel de la part du Maroc et de ses représentants, et en premier lieu de son chef d’État, de son “soutien continu (...) à la cause palestinienne juste et sa solidarité permanente avec le peuple palestinien frère”, comme l’a d’ailleurs souligné le communiqué du ministère des Affaires étrangères rendant publique la décision royale de l’aide en faveur de la population palestinienne.

Car d’aucuns avaient cru, ou voulu faire croire, qu’avec l’interdiction des sit-in, le Maroc non seulement normalisait avec Israël mais aussi avec sa politique à l’encontre du peuple palestinien, ce qui est évidemment faux car la motivation de cette interdiction avait été purement sanitaire, sur la seule base des données épidémiques relatives à la pandémie de Covid-19.

Et ce que M. Benameur avait subi, scandaleux à plus d’un titre, du pur excès de zèle de la part de certains agents d’autorité qui devraient sans doute revoir leur copie, et d’ailleurs le concerné avait reçu le 24 avril 2021 une visite personnelle de M. El Othmani ainsi que du ministre d’État chargé des Droits de l’Homme, Mustapha Ramid, pour s’excuser auprès de lui.

Si le Maroc reconnaît aujourd’hui Israël, c’est uniquement dans le cadre de la légalité internationale qui ne donne pas plus à l’Etat hébreu que les frontières en date du 4 juin 1967, et que personne n’aille donc imaginer que le Royaume lui a fait un chèque en blanc.