PROCÉDURE EN FRANCE CONTRE PR RAOULT

CHARLATANISME ?

Aujourd’hui, Pr Raoult se retrouve au coeur d’une procédure menée par l’Ordre des médecins en France, qui l’accuse rien de moins que de “charlatanisme”.

C’est en partie sur la base de ses affirmations que le Maroc avait adopté, le 23 mars, le protocole à base d’hydroxychloroquine et d’azithromycine pour traiter ses malades de Covid-19. Depuis plusieurs semaines, l’infectiologue et microbiologiste français Didier Raoult se trouve au centre des accusations, surtout que ledit protocole, dont il s’était fait un des plus ardents défenseurs sur la base d’essais menés en Chine pour aider à faire baisser la charge virale de la maladie, ne s’est pas avéré aussi efficace qu’il le prétendait et qu’il serait même responsable de complications cardiaques chez de nombreux patients.

Le crédit de Pr Raoult s’est, d’autant plus, grandement entamé avec le début de la deuxième vague de Covid-19 en Europe, alors qu’il insistait à hue et à dia que cette deuxième vague n’adviendrait jamais. Aujourd’hui, Pr Raoult se retrouve même au coeur d’une procédure menée par l’Ordre des médecins en France, qui l’accuse rien de moins que de “charlatanisme” selon ce que rapportent de nombreux médias hexagonaux.

Contre vents et marées
En effet, selon ledit ordre, Pr Raoult aurait de nombreuses fois contrevenu au code régissant la profession, dans la mesure où il a continué à utiliser l’hydroxychloroquine et l’azithromycine pour traiter ses patients atteints de Covid-19, alors que la littérature scientifique n’a jamais formellement démontré que les guérisons qu’il revendiquait étaient véritablement dues à son protocole ou si elles étaient simplement spontanées.

Dès le 10 juillet, le chercheur néerlandais Frits Rosendaal avait, dans une étude publiée dans la revue spécialisée The International Journal of Antimicrobial Agents, soulevé cette question, suivi de nombreux membres de la communauté scientifique par la suite, mais Pr Raoult est toujours resté droit dans ses bottes. Ce dernier a même accusé certains de ses confrères d’incompétence, ce qui lui a valu beaucoup d’inimitiés qui, sans doute en partie aussi, doivent expliquer qu’il se retrouve aujourd’hui aussi isolé.

Que Big Pharma ne voie pas d’un bon oeil l’existence d’un protocole aussi peu cher que celui de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine est, certes, indéniable, et cela avait notamment été patent dans l’étude publiée contre le protocole par le magazine britannique The Lancet, le 22 mai, finalement rétractée après qu’il se soit avéré que ses auteurs avaient pris leurs aises avec les chiffres, avant qu’il ne s’avère que certains d’entre eux avaient même des liens avec les grands laboratoires pharmaceutiques produisant des médicaments concurrents. Mais en même temps, ceci n’empêche qu’ils n’avaient, dans le fond, pas nécessairement tort.

Si le Maroc a maintenu, contre vents et marées, l’usage de l’hydroxychloroquine et l’azithromycine, le ministère de la Santé a toutefois fait, au cours des dernières semaines, machine arrière, avec notamment l’interview accordée par le ministre Khalid Aït Taleb fin septembre à Radio 2M où il avait déclaré que même s’“elle freine la contagion”, selon lui “l’hydroxychloroquine n’est pas un remède”. En tout cas, il vaut mieux rester précautionneux avec la Covid-19, dont on continue encore aujourd’hui d’apprécier les différentes facettes.