Les prix des produits alimentaires flambent

Jusqu’où ira la hausse des prix?

Depuis quelques mois déjà, les consommateurs marocains assistent à une hausse généralisée des prix non seulement des produits alimentaires, mais aussi du transport, du carburant, tout augmente. Nous n’en sommes qu’au début.

“Ramadan ou pas, les prix de certains produits alimentaires flambent, nous dit le HCP, avec de plus fortes augmentations sur les huiles et graisses (14,2%), pains et céréales (11,5%), les légumes (4,5%) et les viandes (4,1%). Tendance de fond depuis au moins quatre mois, l’inflation sur les produits alimentaires va-telle se poursuivre jusqu’à l’été et au-delà? Depuis quelques mois déjà, les consommateurs marocains assistent à une hausse généralisée des prix non seulement des produits alimentaires, mais aussi du transport, du carburant, tout augmente.

Pour preuve, l’indice des prix à la consommation n’en finit pas de subir une accélération, notamment depuis le début de 2022, pour atteindre le niveau de 3,3% au cours des deux premier mois de cette année, comparativement à fin février 2021, comme l’a signalé le Haut Commissariat au Plan ( HCP). Face à cette situation, la plupart des ménages marocains sont en grandes difficultés et la grogne et l’inquiétude se ressent de plus en plus.

Et pour cause, le budget des ménages se resserre. L’inflation, tirée par l’explosion des prix de l’énergie et accélérée par la guerre en Ukraine, malmène les Marocains. Leur portefeuille souffre désormais à la caisse des divers commerces. La hausse des prix n’est pas juste un ressenti. L’inflation connaît un bond inédit depuis quelque temps. Dans les paniers de la ménagère, plusieurs produits sont devenus inaccessibles. Les plus démunis se serrent la ceinture jusqu’à renoncer à certains produits aussi nécessaires que les fruits, certaines viandes ou les poissons.

Stagnation des salaires
Alors, depuis le début de l’année 2022, le gouvernement multiplie les gestes pour compenser les prix de l’énergie qui grimpent en subventionnant les tarifs du gaz et le prix du pain tout en soutenant, à titre d’ exception, les professionnels du transport public et routier. Certains experts se veulent rassurants en expliquant que le Maroc détient un stock stratégique d’une durée de 6 mois pour les matières premières qui reste quotidiennement renouvelé. Par ailleurs, les résultats du dialogue social semblent aboutir à des augmentations du salaire minimum (SMIG et SMAG). Néanmoins cette augmentation s’échelonnera sur le temps et se fera de manière progressive.

Aussi, de telles augmentations n’auront pas d’effet à court terme, notamment sur le pouvoir d’achat actuel, qui risque encore une fois de faire les frais non seulement de la hausse des prix mais surtout de la stagnation des salaires, qui persiste depuis belle lurette. Or, dès que le pouvoir d’achat stagne ou même se réduit, les ménages vont vers les aliments basiques, toujours moins chers. Une telle tension risque de faire grimper les prix.

L’ensemble des experts s’accordent à dire que nous n’en sommes qu’au début. D’ici l’été, il faut s’attendre à ce que la hausse des prix de produits de grande consommation atteigne ou dépasse les niveaux atteints aujourd’hui. Aucune embellie en vue pour l’instant. Si le conflit en Ukraine s’enlise, nous n’aurons pas de retour à la normale. Mais la guerre n’explique pas tout. Certains spéculateurs ont tendance à l’utiliser comme excuse. C’est dangereux car si l’inflation des produits à la consommation devrait se maintenir en 2022 à des niveaux supérieurs à la moyenne de la dernière décennie, la pression pour l’augmentation des salaires deviendra intenable.