POURQUOI LE PRIX DU POULET S’EST-IL ENVOLÉ ?

DÉPASSANT 20 DIRHAMS LE KILO

Le poulet s’ajoute à la liste des principaux aliments que l’écrasante majorité des Marocains ne peuvent plus acheter. L’arrêt d’activité pour certains éleveurs à cause de la crise du Covid-19 et la multitude des intermédiaires dans la chaine de commercialisation sont les principaux facteurs derrière cette hausse.

Le poulet, considéré comme un des principaux aliments des pauvres, est désormais devenu hors de portée pour les petites bourses. Son prix a de nouveau augmenté, vendredi 9 octobre 2020, pour atteindre 20 dirhams le kilo, à Casablanca. Il y a une semaine, son prix était de 17 dirhams. Que reste-til, désormais, aux familles marocaines dont la situation financière s’est énormément dégradée à cause de la crise du Covid-19? La viande rouge comme le poisson sont, historiquement, inaccessibles pour leurs prix très élevés.

Le poulet s’ajoute ainsi à la liste des aliments que l’écrasante majorité des Marocains ne peuvent plus acheter. En réaction à cette hausse, les internautes ont lancé sur les réseaux sociaux des appels à boycotter le poulet. Un appel qui n’a pas connu un grand succès. Entre temps, les explications fusent de partout.

Retombées de la pandémie
Pour la Fédération marocaine des droits de consommateurs, la hausse des prix du poulet s’explique plus globalement par une forte baisse de l’offre et une demande qui est demeurée élevée. Ce déséquilibre impacte directement le prix. Mais, outre ce facteur relatif à l’offre et à la demande, la chaine de commercialisation du poulet est constamment grippée par la multitude des intermédiaires qui s’incrustent entre les producteurs et les commerçants. S’ajoute à cela les répercussions de la crise du Covid-19 sur l’activité des éleveurs de la volaille. La plupart d’entre eux, qui ont vu leurs charges grimper et leurs revenus baisser, ont dû mettre la clé sous le paillasson. Conséquence: l’offre du poulet sur le marché s’est considérablement effondrée.

Pour sa part, la fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA), présidée par Youssef Alaoui, explique l’augmentation soudaine du prix du poulet par une baisse de production due à la fermeture des hôtels, des restaurants, des réfectoires et cantines, des salles de fête, et à l’arrêt de l’activité des traiteurs. Des restrictions imposées par le gouvernement dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire. Les pertes occasionnées au secteur sont estimées à plus de 4 milliards de dirhams, dont une bonne partie a été assumée par les éleveurs.

Selon la FISA, la fluctuation des prix va perdurer tant que les mesures prévues pour la mise à niveau des circuits de commercialisation et de distribution des volailles ne seront pas mises en oeuvre. Une façon pour la fédération d’appeler le grand public à la patience face à cette hausse de prix temporaire, en rappelant que cette crise qui a affecté le secteur et qui a duré plus de six mois a occasionné des pertes colossales.

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