QUI FIXE LES PRIX DES MÉDICAMENTS ?

CHERTÉ DES MÉDICAMENTS AU MAROC

Selon une étude parlementaire, la responsabilité de la cherté des médicaments incombe à la fois au secteur industriel et à l’administration chargée de la fixation des prix, en l’occurrence le ministère de la santé.

C’est un véritable pavé dans la mare que vient de lancer le député PAM Hicham El Mhajri, élu dans la circonscription de Chichaoua, contre l’influence du lobby des laboratoires pharmaceutiques sur la politique. Intervenant lors d’une séance consacrée à l’audition du ministre de la santé, Khalid Aït Taleb, à la Chambre des représentants, ce député au verbe direct et incisif a ouvertement critiqué la politique et le silence de son ministère quant aux prix élevés pratiqués sur une grande quantité de médicaments.

«Comment pouvez-vous autoriser que des médicaments qui coûtent normalement 4,80 dirhams soient vendus aux Marocains à 100 dirhams, soit près de 2.000% de marge bénéficiaire?» demande Hicham El Mhajri face à un ministre sans voix. En réalité, le député parle de beaucoup de médicaments qui sont soumis à cette surestimation financière qui sent l’arnaque et l’escroquerie de la part des laboratoires pharmaceutiques. «Une affaire qui nous dépasse probablement tous vu le poids et l’influence de ces 40 sociétés industrielles qui font presque la loi sur le marché des médicaments», estime, ainsi, Hicham El Mhajri.

La sortie tonitruante de ce parlementaire, qui s’est distingué pendant une précédente intervention au Parlement par son franc-parler en incitant le gouvernement à amnistier les opérateurs informels pour pouvoir basculer dans le secteur formel, ne fait que confirmer les résultats d’un rapport parlementaire accablant qui avait conclu à la cherté des médicaments dans notre pays.

Rapport accablant
Une commission d’enquête parlementaire, constituée il y a quelques années, avait établi l’amère réalité économique selon laquelle les médicaments affichent des prix très élevés en comparaison avec des pays à économie similaire. Grosso modo, les trois constats de cette étude parlementaire sont les suivants: premièrement, les prix des médicaments sont anormalement élevés au Maroc. Deuxième constat: la responsabilité incombe à la fois au secteur industriel et à l’administration chargée de la fixation des prix, en l’occurrence le ministère de la santé. Et, enfin, il est possible de baisser rapidement les prix en appliquant un certain nombre de mesures.

Logiquement, les raisons de la cherté des médicaments sont à chercher d’abord dans les pratiques commerciales d’une grande partie de l’industrie pharmaceutique qui cherche à maximiser ses gains. Le rapport pointe du doigt également la réglementation appliquée par le ministère de la santé pour la fixation des prix et qu’il qualifie de caduque et comportant des failles exploitées par les industriels.


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