Prix «Future Award» de l'inventeur marocain Majid El Bouazzaoui

Une prestigieuse distinction pour un génie de l’innovation

L’inventeur marocain Majid El Bouazzaoui a récemment remporté le prix «Future Award» lors de la 34e édition du World Genius Convention (WGC) au Japon, grâce à son concept de voitures électriques sans batteries. Une nouvelle consécration internationale pour cet ingénieur qui promeut l’innovation au Maroc et dans le monde depuis plus de 20 ans.

Repousser les limites de l’innovation. C’est le défi que s’est lancé Majid El Bouazzaoui. Sa nouvelle trouvaille, une voiture électrique sans batteries. Un concept innovant qui permet de relier deux bobines, une placée sur la route, reliée à un générateur électrique utilisant les énergies propres, et une autre bobine qui doit être dans la partie inférieure de la voiture, pour être aussi proche que possible du champ électromagnétique.

«Le principe de l’invention repose surtout sur l’effet de l’induction électromagnétique entre deux bobines. Si on prend une bobine et on l’alimente avec l’électricité, elle produit un champ électromagnétique. Et si on met deux bobines ensemble, la deuxième transformera ce champ en énergie électrique pour faire fonctionner la voiture sans utiliser la batterie », nous explique-t-il. Ce modèle futuriste a visiblement séduit les scientifiques internationaux qui lui ont récemment décerné le prix «Future Award» lors de la 34e édition du World Genius Convention (WGC) au Japon, organisée par l’Institut international d’invention et d’innovation (IIII).

Un évènement qui a réuni les treize pays les plus innovants au monde, d’après les organisateurs. Ce prestigieux sésame, Majid n’en est pas peu fier. «Je suis très content d’avoir remporté cette distinction internationale. C’est un grand honneur pour moi d’avoir reçu ce prix au Japon, un pays du futur, industrialisé depuis des siècles, et qui a une longue expérience dans les voitures électriques et hybrides». Mieux, précise-t-il, «Les scientifiques japonais m’ont dit que j’ai conçu la voiture du future et qu’ils seraient ravis de connaitre des inventeurs marocains qu’ils pourront inviter lors de la prochaine édition. Cela me touche beaucoup».

Lutter contre la pollution
D’après le génie marocain, ce modèle innovant pourrait réduire les prix des voitures électriques puisque les batteries, éléments indispensables à leur fonctionnement, coûtent entre 5.000 et 15.00 dollars. Serait-il possible de voir ces voitures futuristes rouler au Maroc? Compliqué, mais pas impossible, rétorque notre interlocuteur car, selon lui, le Maroc dispose déjà d’un écosystème d’usines de fabrication de voitures électriques.

Son concept de voiture futuriste n’a pas encore suscité l’intérêt d’institutions ou d’industriels marocains, mais il aiguise déjà la curiosité de certains constructeurs étrangers. «Je n’ai pas encore établi des contacts au Maroc avec des entités qui pourraient permettre la concrétisation de ce projet. Un grand constructeur turc semble être intéressé par notre projet et nous avons entamé des discussions dans ce sens», révèle l’inventeur, qui s’active dans ce domaine de l’invention et l’innovation depuis 1997, année durant laquelle il a déposé son premier brevet d’invention, un système de détection de pannes dans les…voitures.

La passion pour l’invention, cet ingénieur en génie électronique et spécialisé en télécoms et réseaux de 44 ans, issu d’une famille modeste et résidant à Rabat, la nourrit depuis l’âge de 13 ans. Son principal repère, son père, qui exerçait plusieurs tâches confiées par des voisins et dans les ateliers au lycée «Les Orangers» à Rabat. Aujourd’hui, il souhaite transmettre ce virus de l’innovation à la nouvelle génération.

D’où la création de son association OFEED, qui signifie «se rendre utile à la société» en arabe. «Nous essayons d’accompagner les inventeurs marocains pour qu’ils puissent valoriser leurs ides et participer à de grands évènements internationaux, en tant que délégués exclusifs dans plusieurs salons d’invention dans le monde en Chine aux Etats-Unis, etc.». L’association organise aussi plusieurs évènements pour promouvoir l’innovation et l’invention au Maroc, notamment l’Innovation Week (IWA) organisée depuis 2019, avec la participation d’une cinquantaine de pays venus des différents continents, dont douze pays africains.

Elle initie également des séminaires auprès des élèves et étudiants pour leur inculquer la culture de l’invention et met en relation des inventeurs avec des investisseurs pour qu’ils les accompagnent jusqu’à la commercialisation de leurs brevets. «En 2019, j’avais invité un professeur allemand sacré meilleur professeur dans son pays et qui a une grande renommée internationale pour faire une présentation aux jeunes de la région de Rabat-Salé-Kénitra », indique-t-il.

Des initiatives qui ne bénéficient malheureusement pas du soutien financier de l’Etat. «OFEED n’a pas reçu un soutien financier des autorités étatiques mais plutôt un soutien moral. La Wilaya de Rabat a mis à notre disposition sa grande salle. Le gouvernement nous a octroyé la gare de Rabat Agdal pour l’organisation de l’IWA en 2019. Nous finançons nos évènements avec nos propres moyens. Faute de sponsors, nous sommes obligés d’imposer des frais de participation pour gérer les charges et la confection des distinctions», regrette Majid, qui souhaite que le Maroc dispose d’une génération d’innovateurs à long terme.