Prière du vendredi : toujours pas de rétablissement en vue

Le ministre des Habous a renvoyé la balle dans le camp des “autorités compétentes” pour le rétablissement de la prière du vendredi, suspendue à l’échelle du territoire national depuis la déclaration de l’état d’urgence sanitaire fin mars.

Pour l’heure donc, pas encore de reprise de la prière du vendredi. Intervenant le 19 septembre 2020 sur les ondes de Médi 1, le ministre des Habous, Ahmed Toufiq, a justifié de l’impossibilité selon lui de garantir les conditions sanitaires de précaution en termes d’examen thermique et de distanciation sociale à même de prévenir la propagation de la pandémie de Covid-19 parmi les fidèles. “La prière du vendredi se distingue par l’engorgement à l’intérieur et parfois à l’extérieur des mosquées,” a-t-il déclaré.

Il a, de fait, renvoyé la balle dans le camp des “autorités compétentes”, qui, selon lui, sont les seules en mesure de déterminer à partir de quel moment il n’y aurait pas danger pour les citoyens. Ce qui, soit dit en passant a-t-il rappelé, constitue une des conditions canoniques de la prière, dans la mesure où celle-ci commande la quiétude. L’argument ne semble, toutefois, pas convaincre plus que cela les mouvements islamistes à l’instar d’Al-Adl Wal Ihsane (AWI), qui mène actuellement la bataille sur les médias sociaux pour que la prière du vendredi soit rétablie.

“Péché majeur”
Dans ce sens, des sympathisants de ces mouvements ont mis en ligne, le 9 septembre, une pétition dont le texte fustige le fait qu’en même temps que les mosquées demeurent fermées, d’autres espaces et institutions ne subissent pas le même sort. Référence est là sans doute faite aux marchés, aux écoles, aux cafés et aux bars, comme les a nommément désignés Mohammed Hamdaoui, membre du secrétariat général d’AWI, dans une publication faite sur son compte Facebook le 18 septembre. Ce dernier a même qualifié, dans la même publication, la décision des autorités relatives à la prière du vendredi de “péché majeur”.

Dans le même sens, le secrétaire général de la jeunesse d’AWI, Mounir Jouri, a invoqué la “sécurité spirituelle” des Marocains, qui, selon lui, serait ignorée et dépréciée. Il y a lieu, cependant, de dire que la pétition mentionnée plus haut n’a pas été vraiment couronnée de succès, n’ayant réussi à recueillir, en près de deux semaines, que quelque 900 signatures. Du côté des autorités, la levée de boucliers de plus en plus exacerbée d’AWI vis-à-vis du maintien de la suspension de la prière du vendredi est considérée comme une simple tentative de récupération politicienne entrant dans le cadre des inimitiés de longue date entre elles et le mouvement.

Aucune réponse officielle n’a, ainsi, été (encore) donnée par le gouvernement, qui, il faut le rappeler, est lui-même de coloration islamiste en l’espèce du Parti de la justice et du développement (PJD).


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