LES PRÉVISIONS DES IMPORTATIONS DE BLÉ REVUES À LA BAISSE

UNE BONNE RÉCOLTE CÉRÉALIÈRE ATTENDUE CETTE ANNÉE

La production nationale en céréales sera très bonne cette année. Les importations de blé diminueront. Un soulagement pour la balance des paiements et une aubaine pour l’économie, dont la locomotive demeure, bon an mal an, l’agriculture.

Les importations de céréales en général et de blé en particulier connaitront une baisse importante cette année. Au vu des précipitations particulières de cette saison agricole en cours, la production nationale de céréales devrait dépasser 10 millions de tonnes cette année, contre 3,2 millions de tonnes un an plus tôt, selon le président de la Fédération nationale de la minoterie (FNM), Moulay Abdelkader Alaoui.

Les superficies ensemencées concernées par la culture céréalière au cours de cette campagne ont atteint 4,1 millions d’hectares au début de l’année et devraient totaliser 4,3 millions d’hectares d’ici la fin de la saison des semis, avait déclaré le ministère de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, en janvier 2021. Le blé tendre représentait 44% des superficies ensemencées, suivi de l’orge (34%) et du blé dur (22%). Le blé tendre représente traditionnellement plus de 50% de la production céréalière totale du Maroc.

Balance des paiements
Il est vrai que cette année la météo a été clémente. Les précipitations moyennes entre septembre 2020 et fin mars 2021 ont été de 271,9 mm, soit 5% de moins que la moyenne à long terme pour la période. A titre de comparaison, les précipitations au cours de la campagne de commercialisation 2019-2020 étaient de près de 40% inférieures aux normes saisonnières.

Après donc deux saisons marquées par une hausse de la demande de cette denrée essentielle dans l’alimentation des Marocains, la baisse des importations de blé devra impacter positivement la balance des paiements.

Moins d’importations, moins de devises qui quittent le pays. La récolte de l’année dernière a été inférieure de 39% par rapport à celle de 2019 en raison de la sécheresse, entraînant une augmentation de 46,3% des importations de blé à 1,5 milliard de dollars. La France, traditionnellement premier fournisseur de blé au Maroc, a exporté 1,78 million de tonnes en 2020, suivie de l’Ukraine avec 934.755 tonnes. Selon l’USDA, le département de l’Agriculture des Etats-Unis, l’Ukraine pourrait émerger en 2020/2021 comme le premier fournisseur du Maroc avec un meilleur rapport qualité/prix pour son blé par rapport à la céréale française. La Russie se positionne bien également par rapport à ses exportations de blé au Maroc.

Par ailleurs, selon les données de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Maroc est au dixième rang dans les importations mondiales de blé (campagne 2019/2020). En effet, le Royaume a importé plus de 4,3 millions de tonnes de cette céréale durant cette période; contre 2,98 millions de tonnes en 2019. En vérité, il faut attendre la fin du mois d’avril pour estimer avec précision les exportations de blé cette année. Mais tout porte à croire qu’elles connaitront une baisse considérable. Cela augure d’une bonne saison agricole. Une aubaine pour l’économie nationale, dont la locomotive demeure, bon an mal an, l’agriculture.