Le libre exercice de la profession est toujours miné

Journée mondiale de la liberté de la presse

Quand l’argent peut être une arme dans les mains de lobbies économiques, l’indépendance de la presse est hypothéquée. Sa survie même est menacée par l’hégémonie des GAFA sur la publicité en ligne. Beaucoup d’encre va couler avant que le chemin de la presse parsemé de contraintes ne soit déminé.

Plus que jamais, l’exercice du journalisme fait face à de nombreux obstacles endogènes et exogènes. La liberté de presse et d’expression est d’abord rongée en interne par des pseudo journalistes qui ont pour mission de jeter le discrédit sur une profession qui constitue le socle de toute société démocratique.

Plus que jamais, la déontologie et l’éthique journalistiques sont mises à rude épreuve face à des vagues de désinformation et de fake news. En externe, l’étau se resserre de plus en plus sur la plume du journaliste obligé d’éviter plusieurs lignes rouges à la fois. Même si des évolutions positives sont à relever avec fierté, il n’empêche que la censure de nos jours peut revêtir une forme économique et financière qui accule les entreprises de presse à mettre la clé sous le paillasson.

Et plus que jamais, les sociétés se rendent à l’évidence, surtout avec la pandémie Covid- 19, que sans une presse crédible et engagée point de démocratie véritable. Le rôle de la presse est apparu encore plus clair pour la sensibilisation et la lutte contre cette pandémie. Il est indéniable que le rôle des journalistes est d’importance pour faire face à la crise.

Le quatrième pouvoir
Mais l’exercice du métier doit se faire sans contraintes et sans complaisance, pour reprendre mot à mot le thème de la journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai 2020. Sans complaisance, car celleci amène le journaliste à endosser l’habit d’un professionnel des relations publiques ou d’une agence de communication ou de marketing. «C’est une occasion pour s’arrêter sur un point au coeur de la liberté de la presse.

Cette pandémie a démontré que notre société et toutes les sociétés ont grandement besoin d’une presse libre, indépendante, crédible, professionnelle, solide, qui s’appuie sur des institutions, des entreprises et des journalistes formés et confirmés, compétents, travaillant en respect d’une ligne éditoriale clairement définie et des règles et la déontologie journalistiques. Les médias sociaux et le journalisme citoyen ne peuvent se substituer aux médias classiques. La presse est en danger.

Elle fait face à une crise économique et financière exacerbée par la mainmise des GAFA (Google, Facebook…) sur les recettes publicitaires. Il est inadmissible que ces géants du web gagnent des milliards en exploitant le contenu de la presse. Et puis, un robot ne remplacera jamais le travail d’un journaliste», nous confie Younes Mjahed, président du Conseil national de la presse (CNP). Le quatrième pouvoir a encore plus de défis à relever et de difficultés à surmonter.

Sa force est intimement liée à son indépendance. Et son indépendance est tributaire de son équilibre financier qui, à son tour, dépend énormément des recettes publicitaires. Et quand celles-ci peuvent être une arme dans les mains de lobbies économiques, l’indépendance de la presse est hypothéquée. Sa survie même est menacée par l’hégémonie des GAFA sur la publicité en ligne. Beaucoup d’encre va couler avant que le chemin de la presse parsemé de contraintes ne soit déminé.

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