CGAM Hssabe 970X250

Le président de la FIFA en visite au Maroc: Bons baisers de Rabat

Gianni Infantino a besoin de l’appui du Royaume pour faire passer une série de réformes qu’il souhaite insuffler au football africain.

Une visite sous forme d’onction que celle que vient d’effectuer ces mercredi 24 et jeudi 25 février 2021 Gianni Infantino au Maroc. Le président de la Fédération internationale de football association (FIFA), qui menait une tournée africaine qui l’a également vu se rendre en Mauritanie, au Congo, au Soudan et au Rwanda, n’a pas tari d’éloges sur le Royaume et son statut de “grand pays de football qui a un rôle de locomotive à jouer pour le développement du football dans le continent”. “Je suis venu plusieurs fois au Maroc et j’ai pu constater non seulement la passion pour le football, mais également le sérieux du travail réalisé par la fédération,” a déclaré M. Infantino. Il semble donc loin le temps où, il y a quelque trois ans, les autorités marocaines avaient des inimitiés avec ce dernier en raison de son soutien plus qu’appuyé à la candidature du Canada, des États-Unis et du Mexique à l’organisation de la Coupe du monde de 2026 au détriment de celle du Maroc -il avait même qualifié, fin décembre 2017 au cours d’un déplacement aux Émirats arabes unis, le “bid” nord-américain de “message positif”.

Infrastructures footballistiques
M. Infantino a d’ailleurs été reçu, au cours de son déplacement, par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, sans toutefois que l’on en sache davantage sur la teneur de leurs échanges. Mais il faut dire que le patron du football mondial a besoin, par les temps qui courent, de l’appui du Maroc pour faire passer une série de réformes qu’il souhaite insuffler au football africain, sachant que la FIFA avait mis en place, à partir de juillet 2019, une feuille de route avec la Confédération africaine de football (CAF) couvrant le domaine de la gestion financière, de la bonne gouvernance et des procédures internes, celui de l’organisation efficace et professionnelle des compétitions et celui de la croissance et du développement du football africain. Parmi ces réformes, la mise en place d’une nouvelle compétition de clubs panafricaine ou super league comptant une vingtaine de clubs permanents, ou encore le repositionnement de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de sorte qu’elle se joue tous les quatre ans au lieu de deux ans actuellement -c’est au passage dans la ville de Salé que M. Infantino avait, à l’occasion d’une journée d’études sur le développement des compétitions et des infrastructures footballistiques en Afrique organisée le 1er février 2020, fait part de ses idées.

Or, le Maroc est, depuis l’élection en avril 2014 de Fouzi Lekjaâ à la présidence de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), devenu on ne peut plus influent à la CAF, contrôlant par exemple actuellement pas moins de six commissions -M. Lekjaâ est, qui plus est, vice-président de l’organisation footballistique continentale africaine. M. Infantino a toutefois, dans ses déclarations publiques, uniquement fait référence à “plusieurs projets et programmes de développement (...) ayant trait en particulier aux jeunes et au football féminin, entre autres”. Discrétion oblige...